Fibres monocristallines - Procédé de tirage par micro-pulling down (µ-PD) et applications

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Fibres monocristallines - Procédé de tirage par micro-pulling down (µ-PD) et applications

Auteur(s) : Kheirreddine LEBBOU

Date de publication : 10 octobre 2021 | Read in english

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RÉSUMÉ

Cet article revient sur la cristallisation de fibres monocristallines à partir de l’état liquide par le procédé micro-pulling down (µ-PD). Les avancées technologiques récentes dans l’ingénierie des procédés, la maîtrise et le contrôle de la cinétique de cristallisation par la technique µ-PD ont permis d’obtenir d’énormes progrès dans la croissance de fibres monocristallines performantes sur mesure pour un large domaine d’applications, en particulier les lasers et les scintillateurs. La croissance de fibres monocristallines de grenats pour des applications lasers et scintillation, ainsi que de saphir pour la détection des ondes gravitationnelles est détaillée et discutée dans cet article.

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AUTEUR(S)

  • Kheirreddine LEBBOU : Directeur de recherche au CNRS, - Institut Lumière Matière (ILM), UMR 5306 CNRS, Lyon, France

 INTRODUCTION

L'ingénierie moderne utilise des composants fabriqués à partir de cristaux de géométrie contrôlée, principalement sous la forme de plaques, fibres ou tubes, bien que parfois les formes soient beaucoup plus compliquées. Les cristaux de formats et de tailles spécifiques exempts de défauts et d’impuretés sont donc souhaitables ; ils peuvent être utilisés comme produits finaux avec un usinage supplémentaire minimal. Les procédés de croissance cristalline de cristaux massifs (lingots) nécessitent des creusets de cristallisation de dimensions très importantes, de l’ordre de quelques litres, ce qui présente un inconvénient majeur, ces conteneurs constitués de métaux rares tels l’iridium étant coûteux. En plus, de tels creusets possèdent une durée de vie limitée à quelques tirages, du fait de la dégradation chimique à laquelle ils sont soumis, ce qui augmente d’une façon importante le coût de la cristallisation des monocristaux. À partir de 2010, en raison de leurs caractéristiques remarquables dans le domaine des lasers et des scintillateurs, les fibres monocristallines ont fait l'objet d'intenses études. Le développement des guides d'ondes optiques a activé la croissance de fibres monocristallines pour des applications diversifiées.

Le développement de fibres monocristallines est motivé par des applications en optique qui ne sont accessibles ni aux fibres de verres, ni aux formes monocristallines massives. Le monocristal sous forme fibrée permet d'augmenter l’efficacité d’interaction entre le faisceau et le matériau. Pour des utilisations lasers, la configuration fibrée présente également d’autres avantages notamment une dissipation efficace de la chaleur emmagasinée dans le matériau grâce aux faibles distances entre la zone de pompage et le milieu thermostatique extérieur. De plus, en utilisant une grande longueur d’interaction, la concentration en cations activateurs (Nd 3+ , Yb 3+ …) peut être diminuée. Ces deux facteurs concourent à minimiser l'échauffement du matériau, ce qui est favorable pour les applications laser de forte puissance. Notons qu’une faible concentration en cations actifs permet également de minimiser les phénomènes de désexcitations non radiatives (extinction de l’émission de lumière par transfert d’énergie entre les ions). De plus, l’efficacité des oscillations lasers dans un réseau hôte monocristallin est souvent beaucoup plus grande que dans un réseau vitreux, car dans ce cas le désordre structural du matériau diminue les sections efficaces d’émission stimulée et la conductivité thermique est moindre. La faible dimension des fibres monocristallines minimise également la présence de défauts responsables de la faible résistance mécanique des matériaux massifs. D'autre part, les fibres...

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MOTS-CLÉS

laser   |   détection   |   croissance cristalline   |   Fibre   |   µ-PD   |   scintillateur

DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v1-e6300

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