Gérer et agir, c’est prendre des risques. Si les risques n’existaient
pas, il n’y aurait ni succès, ni échec. Il n’y aurait pas d’action
et les objectifs des organisations, publiques ou privées, ne seraient
pas atteints !
Paradoxalement, les organisations restent majoritairement dirigées
dans une vision déterministe, tant est naturelle la tendance à occulter
les évènements pouvant négativement impacter nos activités : « les
hommes, par temps calme, prévoient difficilement la tempête » (Machiavel).
Peut-être, est-ce aussi que le futur est par essence inquiétant.
Mais, n’est-ce pas la première qualité du dirigeant que d’affronter
ces inquiétudes : « on mesure l’intelligence d’un individu à la quantité
d’incertitudes qu’il est capable de supporter » (Emmanuel Kant).
La crise sanitaire du Covid-19 a, au moins, eu le mérite de faire
découvrir aux entreprises que le futur est incertain. Les bouleversements
climatiques, géopolitiques renforcent cette incertitude. Il n’est
plus possible aujourd’hui de piloter une entreprise sans prendre en
compte le caractère aléatoire des facteurs internes et externes sur
lesquels se fondent les processus de gestion quotidienne et de prise
de décision stratégique.
Cette vision stochastique du management conduit à imaginer les
événements pouvant perturber la marche prévue de l’organisation et
impacter négativement les objectifs économiques ou sociétaux de celle-ci.
Ceci est d’autant plus nécessaire que les marges ne peuvent plus
absorber les aléas majeurs. Le droit à l’erreur a disparu.
On ne saurait donc trop recommander à tous les dirigeants d’établir
une cartographie globale de leurs risques.