Cet article traite de la sécurité opérationnelle des systèmes ; au‐dèla d’une présentation académique de cette problématique récente, il fait référence aux différentes directions de recherche et de développement entreprises dans ce domaine.
Classiquement, la sécurité consiste à entreprendre des actions dans des situations jugées dangereuses ou catastrophiques, afin de réduire, voire d’éliminer, les risques encourus. D’un point de vue dysfonctionnel, la sécurité concerne l’existence, le développement et l’extension du processus de danger. De façon plus restrictive, la
sécurité opérationnelle
est un concept récent ayant pour objet l’assurance d’un
fonctionnement sûr sous risques contrôlés
. Ainsi, au‐dèla des actions draconiennes d’arrêt d’urgence visant à interdire au système d’atteindre des états dangereux, la sécurité opérationnelle, en participant à la continuité du service, induit selon la granulation des défaillances, différents niveaux de
réactivité
(recouvrement, reprise, tolérance, compensation).
Assurer un fonctionnement sous fautes critiques
, accompagné inéluctablement de performances amoindries par rapport au nominal, évite ainsi l’interruption de service, autorise une levée partielle du compromis disponibilité / sécurité arbitraire, et représente l’un des objectifs principal de la sécurité opérationnelle.
Dans un tel contexte, une démarche typée sécurité opérationnelle consistera à déterminer la cause circonstancielle qui peut conduire à l’accident (ou situation critique), et à rechercher les actions correctives nécessaires au maintien du service (cas des systèmes récupérables après défaillance à conséquence catastrophique). Pour être complète, cette démarche sera abordée en amont par la mise en place d’une phase d’analyse (choix des indicateurs et évaluation de la robustesse du système aux défaillances critiques) et en aval par la recherche d’une reconfiguration de la commande (définition et implantation de la réactivité).
Au sens large, la sécurité opérationnelle fait partie de la
science des défaillances
; elle inclut ainsi leur connaissance, évaluation, prévision, mesure et maîtrise. Le concept de la sécurité opérationnelle s’appuie sur la notion de risques (entité pouvant être réduite à deux dimensions : probabilité d’occurrence et conséquence). Cette problématique aisément transportable au domaine des systèmes de production (du fait des structures ouvertes et hiérarchiques de la commande), permet de caractériser aussi bien :