L‘évolution spectaculaire que connaît l’environnement urbain et industriel pose, dans de nombreux pays, le
problème de l’eau
.
Pendant longtemps, l’eau a été considérée comme un bien naturel, un « don du ciel » gratuit, d’exploitation facile, bon marché et, pour ainsi dire, sans valeur.
Pour être considérables, les ressources en eau ne sont malheureusement pas sans limites et la France, qui a offert, jusqu’à l’aube du XX
e
siècle, l’exemple d’un pays apparemment riche en eau, a dû, depuis lors, la consommation augmentant, prendre conscience du problème de l’eau et adopter une politique qui permette de lui trouver une solution.
Le problème de l’eau est inquiétant en réalité, non seulement si on le considère du point de vue quantité, mais encore, et davantage peut-être, sous l’aspect de la qualité.
Il ne semble pas, en effet, qu’il soit possible d’accroître sensiblement les ressources en eau naturelle : sources, puits et forages ; pratiquement tout ce qui était intéressant a été capté.
Force est donc de recourir, tant pour l’eau potable que pour l’eau industrielle, aux eaux de surface, eaux de rivières et de lacs. Ces dernières, encore relativement propres au début du siècle, sont malheureusement exposées de plus en plus à la pollution, sous la forme de rejets d’effluents industriels ou domestiques, et deviennent progressivement impropres à tout usage, sans un traitement préalable pouvant être compliqué et souvent onéreux.
Les nappes aquifères n’échappent pas, en outre, à cette contamination générale. On voit donc qu’un cercle vicieux s’amorce dans lequel le besoin et l’usage de l’eau croissent, tandis que, par effet de « boomerang », la pollution des eaux encore disponibles s’aggrave dangereusement.
Assurer une bonne alimentation en eau ne suffit donc plus : il faut éviter aussi que l’eau après usage, dite
eau usée
, contamine l’eau naturelle des nappes souterraines, des rivières et des lacs, la rendant ainsi impropre à la consommation et à l’utilisation industrielle.
Il s’avère donc de plus en plus nécessaire de contribuer à la réalisation d’un double programme, consistant à
conserver
et à
protéger
l’eau et, pour cela, une meilleure connaissance
sur le plan analytique
de la pollution des rejets industriels et urbains est indispensable.