La liste des challenges auxquels sont désormais confrontés tous
les secteurs industriels, notamment celui de la transformation de
la matière, est longue. Sans prétendre à l’exhaustivité, citons-en
quelques-uns : raréfaction des ressources (matières premières, eau
…) ; attente sociétale en matière de respect de l’environnement (réduction
de l’empreinte carbone et des émissions de gaz à effet de serre, augmentation
de la sécurité, diminution des rejets) ; exigence de maintenir la
compétitivité industrielle en maîtrisant les coûts dans un contexte
de concurrence internationale ; montée en puissance de sources diversifiées
de matières (biomasse) et d’énergie (énergies renouvelables) ; besoin
de mise sur le marché de nouveaux produits, d’origines et de disponibilités
diverses (produits biosourcés), recyclables ou biodégradables (analyse
de cycle de vie, ACV) ; croissance de la démographie et donc de la
demande …
C’est dans ce contexte complexe et exigeant qu’est apparue la
notion d’intensification des procédés, une préoccupation qui rassemble
aussi bien le monde industriel que le monde académique autour de la
notion de développement de technologies ou de méthodes, dites de rupture,
en vue de produire de manière plus propre, plus sûre, et plus sobre
en consommation d’énergie et de matière.
L’objectif de cet article est de passer en revue les fondamentaux
de l’intensification des procédés, en termes de principes, d’outils
et de classification des technologies et méthodes, puis quelques-unes
des pistes disponibles pour identifier et dépasser les limitations
inhérentes à tout procédé. En particulier, il est primordial d’effectuer
un diagnostic sur la nature de la limitation intrinsèque au procédé,
à savoir si elle est plutôt chimique ou plutôt physique. Selon le
résultat de ce diagnostic, les stratégies d’intensification peuvent
différer en faisant appel à des outils multi-échelles, d’ordre soit
technologiques soit méthodologiques, parmi lesquels on trouve :
la structuration spatiale de l’équipement (en particulier
la
miniaturisation
) ;
l’
activation
des phénomènes ou mécanismes par apport
d’énergie (mécanique, thermique …) ou d’énergie non conventionnelle
(ultrasons, micro-ondes, UV …) ;
la recherche de synergie par la
multifonctionnalité
ou l’
hybridation
de technologies ;
la mise en œuvre de modes de fonctionnement
cyclique
ou
instationnaire
des procédés.
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