À l’échelle mondiale, plus de 80 % de l’énergie produite l’est
au moyen d’un processus de combustion. La finalité d’un processus
de combustion est d’extraire l’énergie chimique latente d’une molécule
et de la convertir en chaleur qui pourra ensuite à son tour être convertie
en énergie électrique ou mécanique. Les molécules utilisées comme
matière premières dans ces processus sont actuellement quasi exclusivement
des ressources fossiles extraites du sous-sol et dont les quantités
facilement exploitables sont limitées. Cette conversion en chaleur
est réalisée à travers un ensemble complexe de réactions dont les
produits finaux théoriques sont l’eau et le dioxyde de carbone. Les
émissions de ce dernier sont la cause principale de l’augmentation
de l’effet de serre planétaire et du dérèglement climatique induit
observé depuis plusieurs décennies. À ces produits de combustion idéaux
viennent aussi s’ajouter d’autres molécules polluantes tels que le
monoxyde d’azote, les composés organiques volatils (COV), les oxydes
d’azote (NO
x
), les hydrocarbures polycycliques et les suies
qui dégradent la qualité de l’air au niveau local et qui ont des répercussions
sur la santé des populations.
Face à cette dépendance aux processus de combustion et dans l’attente
que de nouvelles technologies puissent s’y substituer massivement,
il est essentiel de comprendre précisément comment les différents
carburants et combustibles brûlent au niveau chimique afin d’optimiser
les installations et ainsi accroître leur efficacité tout en limitant
les émissions polluantes.
La combustion est étudiée à l’aide de différentes techniques mettant
en jeu différents appareillages spécifiques (tubes à choc, machines
à compression rapide, réacteurs, brûleurs) équipés d’outils de diagnostic
permettant de suivre ou de mesurer la vitesse à laquelle la réaction
de combustion se déroule. Ces données expérimentales obtenues dans
des conditions de température et de pression maîtrisées permettent
d’identifier la séquence réactionnelle menant à l’oxydation complète
d’un hydrocarbure en dioxyde de carbone. Elles sont ensuite utilisées
pour tester et valider des modèles cinétiques.
Un modèle cinétique est un mécanisme réactionnel séquentiel et
complexe qui associe à chaque réaction une constante de vitesse. Il
permet de décrire qualitativement et quantitativement la combustion
d’une molécule de départ en fonction des conditions initiales de température,
pression et de mélange. Lorsque ces modèles parviennent à raisonnablement
reproduire les données expérimentales obtenues dans plusieurs appareillages,
le modèle peut alors être considéré comme validé et utilisé en toute
confiance dans des conditions plus complexes et éloignées de celles
utilisées...