Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les échanges internationaux ont pris une ampleur croissante et continuent de se développer
dans tous les domaines
: marchandises, capitaux, savoir et technologie, culture. Toutes les parties du monde sont devenues
interdépendantes
et les problèmes écologiques qui touchent l’ensemble de la planète contribuent largement à renforcer la prise de conscience de ce phénomène essentiel. L’humanité se déploie dans un système interconnecté, fait de multiples éléments ayant chacun un rôle et exerçant une fonction d’influence plus ou moins forte. Les entreprises, les groupes d’entreprises, les pouvoirs publics y tiennent les premiers rôles mais ces acteurs sont visiblement inégaux en dimension et en puissance ; se pose donc le problème de l’
arbitrage
de leur dialogue ou de leur pouvoir respectif. Deux types de forces vont intervenir : celles impulsées par le marché que l’on qualifie encore de « forces anonymes de l’offre et de la demande » d’une part, celles résultant de négociations (et des rapports de force qui les sous-tendent) visant à organiser la vie sociale en corrigeant les résultats pas forcément harmonieux d’une économie de marché, d’autre part.
Le
management
en tant qu’action (ou art, ou manière) de conduire une organisation, de la diriger, de planifier son développement, de la contrôler, devra intégrer cette double dimension de la conduite d’une entreprise ; celle-ci recherche explicitement une croissance équilibrée (et dès lors construite), plutôt que de subir sans réagir les contraintes que lui livre l’environnement.
Le manager aura donc à la fois la tâche de rechercher la meilleure adaptation à l’évolution en cours ou qui se dessine, de réagir aux opportunités que lui offre l’environnement international, et celle d’agir pour orienter volontairement, dans un sens favorable, les données du devenir de l’entreprise. Missions d’
adaptation
et d’
anticipation
sont celles d’un manager.
Dans la mesure où le changement se déroule d’une manière accélérée, la tâche est difficile car une partie des savoirs acquis devient rapidement obsolète. Par ailleurs l’information de ce qui se passe dans le vaste monde, international, voire « global » — largement ouvert et profondément interconnecté —, est nécessairement incomplète (en raison de la complexité du réel) et coûteuse. Les décisions prises dans un contexte marqué par l’incertitude ont toutes chances d’être au moins partiellement erronées. Éclairer le manager international dans sa tâche consiste dès lors...