L’expérimentateur, quel que soit son domaine d’étude, est toujours
confronté au problème difficile de l’organisation optimale de ses
essais. Comment obtenir les bonnes informations dans les meilleurs
délais et pour le moindre coût ? Telle est la question à laquelle
nous allons nous efforcer d’apporter une réponse dans cet article.
Les scientifiques n’ont abordé ce sujet que depuis peu d’années.
Les premiers qui se sont penchés sur ce problème sont des agronomes
et des statisticiens. Les techniques et les notions qu’ils ont développées
sont si générales qu’elles peuvent être utilisées dans tous les domaines.
En particulier, la chimie analytique leur offre un vaste champ d’applications.
Cette science de l’organisation des essais est récente puisqu’on
peut la faire démarrer avec les travaux de R.A. Fisher (début du vingtième
siècle). Aussi bizarre que cela paraisse, elle ne porte pas encore
de nom. Nous avons proposé
Expérimentique
ou
Expérimentologie
, mais la communauté scientifique n’a pas encore décidé.
Le but de cette nouvelle science est l’optimisation du choix des
essais et de celui de leur enchaînement au cours de l’expérimentation.
Nous verrons que ce but peut être atteint à condition que l’expérimentateur
se conforme à une méthode rigoureuse et qu’il accepte d’abandonner
certaines habitudes. Lorsqu’il aura apprécié la puissance et le bien-fondé
de cette nouvelle technique, il en deviendra un adepte fervent et
un chaud défenseur.
Nous avons personnellement constaté que la méthode des plans d’expériences
est au moins trois à quatre fois plus efficace que les démarches habituelles
de conduite des essais, c’est-à-dire qu’elle permet d’arriver aux
mêmes résultats avec trois à quatre fois moins d’essais. Ajoutons
que cette méthode apporte à l’expérimentateur un puissant outil de
réflexion et d’analyse qui lui permettra de conduire son expérimentation
avec sûreté et précision.
Les plans d’expériences ont d’abord été utilisés en agronomie.
Puis, peu à peu, ils ont été utilisés dans d’autres domaines techniques.
Les chimistes les ont adaptés à leurs problèmes. Récemment, les responsables
de la qualité ont découvert ces techniques et ils en font maintenant
grand usage. L’universalité de ces méthodes devrait les faire employer
dans de nombreux domaines. Nous pouvons déjà signaler des réussites
en recherche fondamentale, en recherche appliquée, en développement
industriel et même en fabrication. Personnellement, nous avons préconisé
leur emploi pour réduire le nombre des passages informatiques lors
de simulation sur ordinateur.
Le champ d’applications est extrêmement vaste et l’imagination...