L'écrivain, essayiste et humoriste américain Mark Twain, issu d'une famille de pionniers qui avait connu l'expansion de la colonisation et le déplacement vers l'ouest de la nouvelle frontière, fut à son époque un contempteur des excès de la vie américaine et le dénonciateur de ses débordements. Dans une formule imagée, il avait coutume de dire : «
Je n'ai rien contre le progrès, c'est le changement qui me dérange
».
Cette formule pose, avec humour, le véritable débat concernant l'impact sur notre société des technologies du numérique et de l'Internet, comme notre capacité à accepter les transformations qu'elles génèrent dans notre environnement, tant privé, que professionnel, sous l'angle des comportements, des pratiques, des manière de faire et d'être. Partie intégrante de notre environnement, elles transforment de façon accrue notre environnement quotidien, ainsi que nos conditions de travail. Elles posent la question de notre capacité à appréhender les changements majeurs qui nous attendent.
L'une des questions les plus sensibles concerne la définition des compétences susceptibles de permettre l'acculturation aux nouvelles technologies et, partant, la transformation de notre environnement économique et social. Ces technologies ont en effet de particulier que, pour bénéficier de leur plein effet, il paraît nécessaire de changer de façon radicale nos façons d'échanger, de collaborer, comme de manager.
Dès lors se pose la question essentielle de notre capacité à définir la nature des nouvelles compétences, de façon à rendre compte des problématiques aussi différentes que la formalisation des formations qui préparent à ces nouveaux métiers, l'évolution et l'actualisation des référentiels métiers des entreprises, et surtout, de façon plus générale, la clarification du spectre de ces technologies sous l'angle de leur réalité profonde.