Les grands accidents industriels tels que Seveso, Bhopal, Challenger, Tchernobyl ou AZF ont souvent des causes profondes, diverses, et d'origine variée, identifiables par des
analyses de risques
a posteriori
. Ces analyses ont pour objectif de comprendre les enchaînements d'événements qui ont pu conduire à l'accident. Elles permettent de capitaliser du retour d'expérience pour fixer de nouvelles politiques de prévention et/ou de protection vis-à-vis de sources de danger particulières afin d'éviter qu'un tel accident ne se reproduise.
Ces accidents sont l'aboutissement de scénarii beaucoup plus difficilement perceptibles de manière
a priori
. Ceci est d'autant plus vrai qu'aujourd'hui notre société est soumise à des risques de plus en plus diversifiés et dont la survenance peut s'avérer improbable, comme par exemple pour les attentats du 11 septembre 2001 à New York, ou encore l'explosion de l'usine d'AZF le 21 septembre 2001. Le passé ne peut donc plus seulement servir de base de connaissance pour l'analyse des risques. Il faut recourir à des approches qui puissent permettre d'anticiper des phénomènes qui ne se sont encore jamais produits.
En plus des analyses de risques
a posteriori
, les décideurs ont à leur disposition des
méthodes d'analyse de risques
a priori
.
Ces dernières
permettent, à travers l'étude des systèmes, d'identifier les principaux scénarii d'accident probables. Les résultats de ces études permettent de hiérarchiser les risques et facilitent la mise en place des moyens de protection et/ou de prévention nécessaires à la maîtrise des risques.
Or, aujourd'hui, les experts s'interrogent sur les méthodes usuelles d'analyse de risques
a priori
. Elles ne permettent plus, au regard des conclusions de celles réalisées
a posteriori
, de réaliser des analyses poussées et suffisamment fines ou complètes des systèmes industriels complexes dont ils ont la charge. Malgré un ensemble de méthodes et d'outils disponibles dans le domaine de la sécurité, nous déplorons toujours de nombreux accidents industriels, comme en témoigne notamment la base Aria du Barpi.
Au-delà d'une vision toute théorique sur les capacités intrinsèques des systèmes complexes à déjouer les barrières mises en œuvre pour les stopper, il est évident que le « préventeur » ne peut se résoudre à ce que les accidents se produisent. Et ceci, d'autant plus que la société semble de plus en plus « averse » aux risques subis,...