Le dernier sondage IFOP réalisé pour l’Association française pour
la prévention des catastrophes naturelles et technologiques (AFPCNT)
de mars 2023 a fait l’effet d’une bombe
. De facto, il montre que la culture du
risque est loin d’être un fait acquis en France puisque près de la
moitié des Français déclarent ne pas connaître les risques qui les
menacent dans leur environnement quotidien. Facteur aggravant, ils
estiment ne pas être suffisamment informés à ce sujet et que, finalement,
la prévention compte peu au regard de la capacité d’intervention rapide
des pouvoirs publics, autrement dit, après le désastre.
Ces réponses interrogent l’historien qui ne peut que constater
combien la vulnérabilité a augmenté au cours des dernières décennies,
élevant d’autant l’exposition des individus aux risques climatiques.
Paradoxe de taille, elle s’est amplifiée alors que la connaissance
sur le changement climatique et ses risques les plus extrêmes se diffusait
dans la société française. C’est ce paradoxe que cet article souhaite
aborder en traitant successivement de la réalité du risque climatique
actuel et du tribut à payer pour ne pas avoir suffisamment pris en
compte les retours d’expériences du passé. Pour autant, le fixisme
et le descriptif ne sont pas des raisons et des résultats en soi,
c’est pourquoi il se veut aussi être un plaidoyer pour une meilleure
adaptation à l’heure où les turbulences politiques et financières
s’amplifient en France et en Europe.
L’article se décline en quatre sections majeures, dressant d’abord
un état des lieux du risque climatique depuis 1982, puis discutant
le prix du déni mémoriel vis-à-vis des catastrophes contemporaines.
Il se poursuit par un plaidoyer pour une meilleure adaptation aux
risques climatiques et une conclusion sur les besoins de changement
de paradigme pour la gestion des risques climatiques extrêmes.