Lorganisation de la SSI (Sécurité des systèmes d’information)
peut être vue selon plusieurs approches complémentaires. Il s’agit
à la fois d’un sujet de gouvernance du risque, mais aussi d’un ensemble
de mesures organisationnelles, techniques, mais aussi de moyens organisés
autour d’objectifs de sécurité déployés dans une organisation.
« Organiser la sécurité des systèmes d’information est toujours
un balancier entre objectifs de sécurité d’une part et expérience
utilisateurs d’autre part, les deux sous contrainte de ressources,
mais aussi de temps. L’une de nos difficultés est de ne pas tomber
dans un tout sécuritaire qui réduirait drastiquement les performances
ni de tomber dans l’autre travers conduisant à omettre la sécurité
sous contrainte d’efficiences et d’efficacité uniquement financière
ou commerciale. On doit en permanence osciller entre le Safety first
et le business first, les deux enjeux ont leurs pratiques non négociables
soit des limites de risque à ne pas franchir dans le cas de la sécurité
et la nécessaire prise en compte des besoins opérationnels dans l’autre
cas et c’est cela qu’il faut tenter d’organiser… », nous expliquait
un responsable sécurité des systèmes d’information d’un groupe industriel
interrogé en 2024.
Organiser la sécurité des systèmes d’information suppose plusieurs
enjeux : définir les grandes lignes et principes à respecter dans
une organisation.
On peut la voir, par exemple, sous celui de principes essentiels ;
le plus important d’entre eux étant sans conteste de ne jamais oublier
que la sécurité passe d’abord par les acteurs du système. Mais, énoncer
des principes n’est pas suffisant, il faut aussi dire quelles conséquences
il convient d’en tirer sur le plan de l’organisation : perte de réputation,
dégradation de la qualité de service lié à une interruption des SI,
pertes financières associées, sanctions règlementaires pour non-respect
de l’article 32 du RGPD (Règlement général sur la protection des données)
prévoyant la sécurisation des traitements de données personnelles,
par exemple.
La SSI sous l’angle de l’articulation entre la technique et l’organisation,
car les moyens techniques, ainsi que la sécurité, ne sont pas une
fin en soi, mais sont au service d’objectifs de sécurité définis au
regard d’un cadre de gestion des risques TIC dédié. Il revient à l’entreprise
de définir ses priorités de traitement des risques TIC/numériques
et de définir l’allocation des moyens de détection de prévention et
de réaction sur les risques dits prioritaires. À titre illustratif
face au risque d’intrusion externe, parfois appelée cyberattaque,
les moyens mis en œuvre vont consister à décliner à la fois des solutions
techniques et organisationnelles, mais aussi des solutions privilégiant...