Issu d'un projet lancé par le Département de la Défense des États-Unis, le langage Ada a été construit comme un langage idéal et adapté à des projets de grande envergure. Toutefois la grande complexité d'Ada a nui à son développement et à son utilisation dans des projets moins importants.
Les ambitions du langage Ada sont grandes, puisque l'idée était de le substituer à tous les langages utilisés à l’époque par le Département de la Défense des États-Unis. Le langage devait également être portable (la compatibilité ascendante a bien été maintenue dans les révisions successives) et visait à une universalité des applications, offrant un vaste panel de mécanismes permettant de réaliser des systèmes embarqués comme des programmes de calcul scientifique. Cette caractéristique est toujours vérifiée aujourd’hui au travers de nombreuses annexes dédiées aux différents domaines d’application visés.
Un accent particulier a été mis sur le support du parallélisme (notions de tâches en 1983, puis d’objets protégés en 1995) et sur la modularité (notion de package dès 1983). La première version introduit également un mécanisme de généricité très abouti qui servira, vingt ans plus tard, de modèle à celle proposée dans Java (mais avec des mécanismes d’implémentation différents). La première mouture du langage n’était pas objet (on dit cependant qu’elle était “basée objet”, certains concepts étant déjà présents au travers de la notion de package). La révision de 1995 introduisit cette notion, malheureusement avec une terminologie non standard (une classe est définie comme un “type étiqueté”), ce qui n’en fit pas vraiment la publicité.
Ada est fortement typé, s’inspirant en cela de langages comme Pascal. Les contraintes de type doivent être résolues lors de la compilation. C’est une caractéristique importante d’Ada dont la philosophie peut être résumée par, “si cela compile, une grande partie des problèmes de traitements sont résolus”. Le contrôle statique du typage lors de la compilation est complété par du code inséré par le compilateur en vue de tester toutes les expressions pendant l’exécution. Ainsi, si des problèmes impossible à contrôler lors de la compilation subsistent (e.g. dépassement de capacité sur des entiers ou d’indices dans des tableaux), ils sont rattrapés à l’exécution exactement aux moments où ils surviennent et non, par observation des effets du problème. Un mécanisme assez fin d’exception permet de signaler de tels problèmes (usage d’exceptions prédéfinies dédiées).
Enfin, la conformité des compilateurs a de tout temps été contrôlée au moyen de jeux de tests complets déterminant le comportement (normal et en cas d’erreurs) des compilateurs : les ACVC (
Ada Compiler Validation Capability...