Le terme
métasurface
désigne des structures électromagnétiques ou optiques, séparant deux milieux, dont l’épaisseur reste faible devant la longueur d’onde de travail, typiquement de l’ordre d’un dixième, et dont les propriétés vont au-delà des interfaces classiques des métaux ou des diélectriques habituels. Ce concept de métasurface fait suite à celui de
métamatériaux
. Il s’en différencie par la contrainte géométrique de l’épaisseur faible devant la longueur d’onde de cette structure, qui conduit en général à ne plus parler d’indice optique équivalent comme dans le cas des métamatériaux, mais plutôt à mettre l’accent sur les
propriétés de transmission et de réflexion
,
d’absorption
,
de transformation de polarisation
de ces structures. Il s’en différencie également par la richesse des propriétés que les chercheurs ont données à ces métasurfaces.
Historiquement, ces métasurfaces ont été précédées par les
surfaces sélectives en fréquence
datant des années 1940, à la suite de l’
invention du radar
dans les années 1930
[E 1 166]
qui découle elle-même de l’
invention de la radio
. On peut même dire que l’antenne de Marconi à Poldhu en Cornouailles en 1901 était une métasurface composée de fils métalliques. Comme leur nom l’indique, ces surfaces sélectives en fréquence se comportaient comme des filtres fréquentiels avec des propriétés électromagnétiques dépendant de la fréquence de l’onde incidente et de la polarisation de l’onde. On verra dans la suite que les métasurfaces ont enrichi ce concept en l’élargissant à des propriétés comme la
transformation de polarisation
, la
réfraction anormale
, l’
holographie
. De ce fait, on peut considérer les surfaces sélectives en fréquence comme des métasurfaces avant l’heure.
En micro-onde, le développement des métasurfaces est intimement lié au développement du radar et des télécommunications. Dans le domaine radar, elles sont utilisées pour atténuer ou modifier...