Pour Monsieur Tout-le-monde, la corrosion apparaît depuis toujours
comme un mal mystérieux, associant un milieu ou l’un de ses composants,
un métal et diverses formes de dommages. D’où une abondante et ancienne
nomenclature traditionnelle, s’appuyant sur l’un ou l’autre de ces
trois aspects,
corrosion par
,
corrosion de
et
corrosion
comment
:
corrosion par l’air, l’eau de mer ou l’oxygène, par l’atmosphère
ou les sols, par les acides, les bases ou les sels, par les bactéries
ou les moisissures, ou encore par tous les gentils ou méchants milieux ;
corrosion du fer, des aciers ou des fontes, du cuivre, des
bronzes ou des laitons, etc. ;
corrosion uniforme, caverneuse, par piqûres, fissurante, etc.
Une telle nomenclature a l’avantage de parfaitement exprimer ponctuellement
les observations, les impressions ou les priorités de l’utilisateur
de matériaux. Elle présente en revanche l’inconvénient majeur d’être
parfois ingérable en l’état. En effet, elle aboutit à définir plusieurs
milliers de combinaisons sans aucun lien logique entre elles. Dans
le diagnostic comme dans la prévention de la corrosion, la seule considération
de ces aspects factuels bruts se traduirait alors par des milliers
de recettes inexpliquées et inexplicables. D’où une situation réellement
sans issue.
En fait, seule une compréhension scientifique des mécanismes de
la corrosion permet une approche simple de ces problèmes complexes
et surtout des solutions fiables. Comme on le verra au paragraphe
1
, la corrosion
aqueuse des métaux est en effet par essence de nature électrochimique.
Ceci explique alors que seul un cadre électrochimique puisse permettre
d’identifier des lois de comportement simples et donc également des
règles de prévention simples. On verra également qu’une telle compréhension
électrochimique de la corrosion ne demande nullement d’être un électrochimiste
de métier, ou même de formation. En effet, elle ne...