Matériaux thermoélectriques nanostructurés et architecturés

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N1510 V1 Article de référence

Matériaux thermoélectriques nanostructurés et architecturés

Auteur(s) : Stéphane GORSSE

Date de publication : 10 octobre 2012 | Read in english

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RÉSUMÉ

Historiquement, la génération thermoélectrique a occupé uniquement des applications de niche dans le domaine spatial. Cependant, avec l'amélioration récente de ces matériaux et la prégnance des problèmes environnementaux et énergétiques, les systèmes de récupération des pertes thermiques basés sur la conversion thermoélectrique pourraient jouer un rôle important dans le développement d'une solution énergétique durable. Cet article présente les avancées récentes dans le domaine des matériaux thermoélectriques nanostructurés et architecturés en mettant l'accent sur les stratégies appliquées pour diminuer la conductivité thermique.

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AUTEUR(S)

  • Stéphane GORSSE : Docteur - Maître de conférences à l'ENSCBP-IPB - CNRS, ICMCB, UPR 9048, F-33600 Pessac, France - Université de Bordeaux, ICMCB, UPR 9048, F-33600 Pessac, France

 INTRODUCTION

Les générateurs thermoélectriques sont des dispositifs statiques et autarciques qui permettent de convertir l'énergie thermique en énergie électrique  . Ils sont constitués de l'assemblage de plusieurs paires de semi-conducteurs de type n et p (thermoéléments), connectés électriquement en série et thermiquement en parallèle. La chaleur appliquée sur une face du générateur thermoélectrique force les électrons (dans le matériau de type n) et les trous (type p) à migrer vers la face opposée (froide), ce qui génère une tension électrique due à l'effet Seebeck et un courant électrique entraîné par le flux de chaleur.

En raison de sa fiabilité, sa compacité et sa robustesse, ainsi que de l'absence de partie mobile et de vibration, la conversion thermoélectrique s'est imposée comme une technologie vitale pour les applications spatiales en fournissant une source électrique aux sondes interplanétaires Pioneer, Voyager, Ulysse, Galileo et Cassini, ainsi qu'aux missions lunaires Apollo et martiennes Viking, pour un total de plusieurs millions d'heures d'opération dans l'espace. Ces applications utilisent la désintégration nucléaire d'isotopes radioactifs comme source de chaleur, et un générateur, dit « radio-isotopique », fournit une puissance électrique en convertissant la chaleur émise par le cœur radioactif.

Sur Terre, les sources de chaleur produites par l'activité industrielle et les transports sont abondantes et gratuites (car perdues). L'automobile est un exemple emblématique puisque les trois-quarts de l'énergie produite par la combustion d'hydrocarbures sont rejetés par l'échappement ou dissipés par le circuit de refroidissement. La diminution des normes d'émission en CO 2 des automobiles, et donc de la consommation en carburant, est un enjeu majeur du point de vue environnemental, et des mesures contraignantes instituées par la Commission européenne prévoient de ramener ces émissions à 130 g/km en 2012 et 95 g/km d'ici 2020. Dans le même temps, le développement rapide des équipements automobiles, comme les systèmes d'aide à la conduite, de navigation et de sécurité active, nécessite toujours plus d'énergie électrique, ce qui entraîne une augmentation de la consommation. L'idée d'intégrer aux automobiles un système de récupération des pertes thermiques basé sur un convertisseur thermoélectrique offre la possibilité d'exploiter les dizaines de kilowatts de chaleur perdue pour générer de l'électricité sans charge additionnelle sur le moteur. L'utilisation d'un dispositif thermoélectrique permettrait...

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MOTS-CLÉS

matériaux nanostructurés   |   matériaux architecturés

DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v1-n1510

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