Pour bien mesurer l’importance des matériaux de synthèse, il faut savoir que, en volume physique, leur production annuelle mondiale a aujourd’hui largement dépassé celle des métaux. En effet, la réalisation des produits ne doit pas se mesurer en pondéral car, dans l’industrie, on ne cherche pas à fabriquer des masses mais des pièces pour réaliser des fonctions.
Comme pour l’acier, on retrouve ces matériaux dans tous les secteurs d’activité : automobile, ferroviaire, constructions navale et aéronautique, électricité-électronique, électroménager, sports et loisirs, santé, bâtiments et travaux publics (BTP), textiles, agriculture, emballage, etc. Ceci, contrairement à d’autres matériaux qui restent très focalisés sur un type d’activité : papier-carton (50 % emballage, 50 % écriture), verre (2/3 bouteillerie, 1/3 bâtiment), caoutchouc (2/3 pneumatiques), béton et ciment (100 % BTP).
Il faut aussi savoir que l’électricité et l’électronique, telles que nous les connaissons, n’existeraient pas sans ces matériaux qui, grâce à leurs propriétés isolantes, ont permis leur développement et leur miniaturisation. Pour le futur, on peut attendre beaucoup de la fonction inverse car en dopant certains d’entre eux on pourra créer des fonctions semi-conductrices.
Le taux de croissance des matériaux de synthèse, après avoir connu une allure exponentielle dans les années 1960 à 1980 s’est ralenti, mais il reste encore le double de celui de la PIB, et de nouveaux développements sont attendus car on demeure encore loin de la phase de saturation.
Outre le fait qu’on ne revient pas sur des substitutions réussies, même une nouvelle crise pétrolière n’aurait que peu d’effet sur ces polymères qui ne consomment en fait que 5 % du pétrole (position qui reste marginale face aux transports et au chauffage
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80 %).
Sous la pression écologique actuelle, on a trop tendance à oublier les atouts spécifiques apportés par les plastiques, en particulier, la baisse de coût drastique qu’ils ont permis de réaliser dans les industries de grandes séries : automobile, électroménager, électronique grand public, emballage… Ceci grâce à la possibilité de pouvoir réaliser, souvent en une seule opération, un produit fini multifonctions, léger, rigide ou souple, avec une large possibilité de formes,...