On désigne sous le nom général de
charge
toute substance inerte, minérale ou végétale qui, ajoutée à un polymère de base, permet de modifier de manière sensible les propriétés mécaniques, électriques ou thermiques, d’améliorer l’aspect de surface ou bien, simplement, de réduire le prix de revient du matériau transformé.
Pour les
matières thermoplastiques
, les charges ne sont pas des adjuvants indispensables et peu en contenaient avant 1950. Leur utilisation a pris un essor considérable ces dernières années.
Les
matières thermodurcissables
ont toujours contenu des charges de nature et de forme variées, à des taux souvent élevés pouvant atteindre 60 % en masse.
Pour un polymère donné, le
choix d’une charge
est déterminé en fonction des modifications recherchées pour l’objet fini. Mais, d’une manière générale, les substances utilisables comme charges des matières plastiques devront d’abord satisfaire à un certain nombre d’exigences énoncées ci-après.
Compatibilité avec la résine de base :
non-toxicité, absence de coloration ou d’impuretés gênantes, neutralité et inertie chimiques, stabilité à la chaleur et à la lumière, faible absorption d’eau, aucune influence sur la stabilité du polymère ou sa couleur.
-
Bas prix de revient
(sauf pour des applications bien spécifiques de haute performance : pour l’industrie aéronautique, par exemple).
Les charges réunissant l’ensemble de ces qualités sont rares, mais on peut toutefois pallier certains défauts par traitement spécial de la charge ou utilisation d’agents de couplage appropriés.
Comme les plastifiants,
les charges se distinguent des autres adjuvants
(rubrique
Adjuvants et renforts des plastiques
) par :
un taux d’incorporation beaucoup plus élevé, allant de quelques pour-cent à plus de 100 % (dans certains plastisols par exemple) ;
par un mode d’action plutôt physico-mécanique...