Pourquoi ?
Le principe même de la chromatographie est de
séparer les constituants d’un mélange à analyser
. La colonne chromatographique retarde sélectivement la progression des solutés qui, lorsque la séparation est réussie, débouchent en ordre successif à la sortie de la colonne.
L’instrumentation moderne est confrontée à des analyses de plus en plus complexes, liées au nombre important de constituants présents et aux quantités extrêmement faibles à détecter. En outre, ces analyses doivent être de plus en plus rapides et automatisables afin de livrer les résultats pour un très grand nombre d’échantillons.
Les exemples classiques de milieux complexes présentant ces caractéristiques sont les milieux biologiques en général, les coupes pétrolières, les huiles essentielles, les polluants atmosphériques. Il n’est pas rare de vouloir identifier et quantifier dans le mélange un seul produit, présent en traces représentant une partie par milliard (ppb) de l’échantillon total.
Les applications sont innombrables
et touchent de larges secteurs économiques, tels le contrôle de qualité de produits industriels, la répression des fraudes, le contrôle antidopage, celui de l’environnement, ....
Comment ?
Si la chromatographie permet, à elle seule, de séparer correctement les différents constituants d’un mélange, il est néanmoins délicat de se livrer à une interprétation structurale permettant une identification certaine car les paramètres déduits de la rétention sélective des solutés, au travers de la colonne, sont souvent lourds à manier et, dans la plupart des cas, reliés de manière complexe et indirecte aux structures moléculaires organiques.
L’idée de coupler une autre méthode physique d’investigation, après séparation chromatographique, dans le but d’ajouter à la chromatographie une deuxième dimension analytique s’est concrétisée dès 1960 dans la combinaison entre la chromatographie en phase gazeuse et la spectrométrie de masse (GC-MS).
Le couplage entre la chromatographie en phase liquide et la spectrométrie de masse (LC-MS) n’a été étudié qu’à partir de 1974, en raison principalement de difficultés techniques bien plus élevées. La mise au point de sources d’ionisation à pression atmosphérique pour la spectrométrie de masse, à partir de 1986, a permis de lever la plupart des obstacles au développement de la LC-MS.
La recherche de méthodes d’analyse rapides permettant de traiter un nombre accru d’échantillons, ainsi que la nécessité parfois d’un contrôle...