Les techniques électroanalytiques font intervenir essentiellement
trois grandeurs qui sont le courant
,
le potentiel
et
le temps
, ou une fonction qui en
dérive, par exemple l’impédance électrochimique. Étymologiquement,
la chronopotentiométrie est une mesure du potentiel
en fonction du temps
.
Cependant, d’après les recommandations de l’IUPAC (International Union
of Pure and Applied Chemistry), elle se limite aux techniques pour
lesquelles :
d’une part, le signal d’excitation
est constant ou variable avec le temps
(tout
au moins lors d’une première impulsion dans le cas de trains d’impulsions)
et non nul (ce qui implique au moins une réaction électrochimique) ;
et d’autre part, le transfert de matière est assuré par
la seule diffusion.
Ceci exclut les techniques de potentiométrie et de titrages potentiométriques
à courant nul, et à courant constant en cas de régime de diffusion
forcée (agitation de la solution).
Les signaux d’excitation (courant en fonction du temps) peuvent
être soit constants, soit progressifs, soit à échelons, soit cycliques,
soit alternatifs, soit à train d’impulsions. Dans le cas de signaux
périodiques rapides, la technique de chronopotentiométrie est alors
à rapprocher de celle de la spectroscopie d’impédance à courant alternatif
imposé.
À partir du traitement des chronopotentiogrammes, de nombreuses
applications sont traitées dans cet article :
la détermination du coefficient de diffusion d’un analyte
rédox ;
la détermination de la concentration d’un réactif adsorbé ;
le suivi de la cinétique de formation d’un film d’oxyde
ou de sulfure ;
le suivi de la cinétique de formation d’un alliage ;
la détermination des constantes d’équilibre des complexes
formés, ainsi que des constantes des réactions chimiques qui précèdent
ou qui suivent une réaction...