RÉSUMÉ
Cet article traite des couches formées par transfert de matière entre deux corps en contact frottant par des mécanismes conjuguant abrasion et adhésion. Leurs conséquences sur le frottement et l'usure dépendent considérablement de leur structure, de la taille des particules d’usure qui les constituent, de leur adhésion aux premiers corps. A l'aide de la théorie du troisième corps, en écrivant un bilan des échanges de particules, on peut construire des modèles descriptifs des phénomènes observés. Deux exemples, l’un relatif au frottement sec métal/polymère, l’autre au laminage à froid de tôles en régime de lubrification mixte sont donnés où l'adhésion des particules joue un rôle fondamental.
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AUTEUR(S)
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Eric Felder
: Maître de Recherches honoraire - MINES ParisTech-CEMEF, Antibes, France
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Pierre Montmitonnet
: Directeur de Recherches CNRS - MINES ParisTech-CEMEF, Sophia-Antipolis, France
INTRODUCTION
Les articles
[TRI500][TRI501][TRI502]
ont traité de la génération des particules induite par le mouvement relatif entre deux solides (dits premiers corps), point central d’une étude scientifique de l’usure. En mettant à part la corrosion chimique et la diffusion, on a vu que les particules sont émises soit par suite d’un mécanisme de coupe plastique à l’échelle microscopique, soit par suite de l’endommagement progressif du matériau superficiel par les contraintes et les déformations de contacts répétés. Le présent article traite des conséquences de cette première étape. Les particules peuvent sortir du contact et par exemple polluer le lubrifiant ; si celui-ci est insuffisamment filtré, des particules reviendront alors poursuivre l’endommagement des surfaces et accélérer l’usure. D’autres particules peuvent rester dans le contact :
soit parce que la géométrie du contact et/ou la cinématique ne permettent pas de les expulser ; citons, pour la géométrie, le contact entre deux petites surfaces cinématiques comme un contact plan/plan axisymétrique, et pour la cinématique le cas du
fretting wear
, ou usure par petits débattements ;
soit parce que ces particules ont adhéré à la surface d’un des deux premiers corps.
Le transfert se manifeste donc par la formation sur une pièce A frottant sur une pièce B d’un dépôt de matière de B. La surface de A est alors transformée, les mécanismes de contact peuvent être bouleversés et l’usure comme le frottement changer dramatiquement. C’est ce dernier mécanisme, le «...
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MOTS-CLÉS
usure
| troisième corps
| adhésion
| couche de transfert
Lecture en cours
Théorie de l'usure - De l'observation à la modélisation du transfert