Sûreté des centrales nucléaires en France après l'accident de Fukushima

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Sûreté des centrales nucléaires en France après l'accident de Fukushima

Auteur(s) : Karine HERVIOU, Caroline LAVARENNE

Date de publication : 10 juillet 2015 | Read in english

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RÉSUMÉ

A la suite de l'accident de Fukushima, des évaluations ont été menées par les exploitants nucléaires français afin d'apprécier le comportement de leurs installations lors de situations extrêmes du type de celle rencontrée à Fukushima. Des dispositions complémentaires seront progressivement mises en place pour réduire les risques associées à ces situations. Ces dispositions comporteront des moyens fixes robustes, constituant le « noyau dur » permettant d'assurer la maîtrise des fonctions de sûreté des installations au moins pendant les premiers jours suivant l'accident, ainsi que des moyens mobiles pouvant être acheminés et installés sur le site par la Force d'action rapide nucléaire (FARN), constituée d'équipes entraînées aux interventions dans des conditions difficiles. Les plans d'urgence seront également adaptés pour faire face à une situation accidentelle susceptible d'affecter l'ensemble des installations d'un même site.

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AUTEUR(S)

  • Karine HERVIOU : Chef du service nouveaux réacteurs - Pôle sûreté nucléaire - Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

  • Caroline LAVARENNE : Adjointe au chef du service des systèmes et des risques - Pôle sûreté nucléaire - Institut de la radioprotection et de sûreté nucléaire

 INTRODUCTION

Les centrales électronucléaires françaises sont conçues pour résister à différentes agressions d'origine naturelle : séismes, inondations, neige, vent, températures extrêmes, etc. Lors de leur conception, les caractéristiques des agressions susceptibles d'affecter la sûreté des installations sont déterminées (intensité pour les séismes, cinétique de montée des eaux et niveau associé pour les inondations, vitesse et force pour les vents...) ; ces caractéristiques dépendent bien évidemment du site d'implantation. Ces informations sont ensuite utilisées pour dimensionner les installations, c'est-à-dire mettre en œuvre des dispositions garantissant que les équipements nécessaires à la sûreté de l'installation resteront disponibles et opérationnels en cas d'agression.

Les agressions considérées et leurs caractéristiques ont été plusieurs fois réévaluées depuis la conception initiale des centrales nucléaires françaises, à l'occasion des réexamens de sûreté périodiques ou à la suite d'événements survenus en France (grands froids dans les années 1985-1987, inondation partielle de la centrale du Blayais fin 1999, canicules en 2003 et 2006).

L'accident de Fukushima, survenu au Japon le 11 mars 2011, a rappelé, d'une part que l'occurrence d'agressions naturelles dépassant les caractéristiques retenues pour le dimensionnement des installations ne pouvait pas être totalement écartée, d'autre part que ces agressions pouvaient affecter l'ensemble des dispositions mises en place en termes de prévention des accidents et de limitation des conséquences d'un accident qui surviendrait malgré les dispositions de prévention. Le séisme de Tohoku a ainsi notamment entraîné un tsunami d'une hauteur dépassant celle des digues de protection mises en place : l'eau qui a envahi les bâtiments a entraîné la perte des sources d'alimentation électrique puis, progressivement, la perte des moyens de refroidissement des cœurs des réacteurs et des piscines de désactivation du combustible usé. Ces pertes successives ont conduit à la fusion du cœur de trois des six réacteurs à eau bouillante construits sur le site et à la dégradation de la sûreté des entreposages en piscines d'entreposage des assemblages combustibles usés. Cet accident a entraîné des rejets radioactifs importants dans l'environnement par voie atmosphérique, mais également par voie liquide, en mer.

À la suite de cet accident, des évaluations complémentaires de sûreté (ECS) ont été menées par les exploitants nucléaires français afin d'apprécier le comportement de leurs installations en situation extrême du type de celle survenue au Japon le 11 mars 2011.

En conclusion de cet examen et bien que la capacité des centrales nucléaires françaises à faire face aux agressions plausibles ait été...

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MOTS-CLÉS

Fukushima   |   réacteurs nucléaires   |   évaluations complémentaires de sûreté   |   noyau dur post-Fukushima

DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v1-bn3825

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