L'
énergie nucléaire représente une part importante de la production d'électricité dans les pays d'Europe de l'Est
, avec toutefois de grandes disparités d'un pays à l'autre. Elle a représenté en 2010 plus de 53 % en Slovaquie, plus de 48 % en Ukraine mais moins de 20 % en Russie. Pour ce dernier pays, il s'agit d'une valeur moyenne, une analyse par région montrant de grandes disparités avec une forte concentration dans la partie ouest du pays. Le cas de la Lituanie était tout à fait particulier, avec plus de 80 % d'électricité d'origine nucléaire, avant l'arrêt définitif de ses deux réacteurs RBMK de 1 500 MWe chacun, respectivement fin 2004 et fin 2009.
Plusieurs remarques s'imposent à l'examen des caractéristiques du parc nucléaire de ces pays. Tout d'abord, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce parc est d'un âge moyen à peine supérieur à celui du parc des réacteurs français, mais inférieur à celui du parc américain, et surtout du parc anglais. Conçu au cours des années 1960, mis en service pendant les années 1970 et 1980, il fait l'objet maintenant d'études d'extension de durée de vie tout comme les réacteurs occidentaux.
La grande majorité des réacteurs en fonctionnement ou en construction relèvent de deux filières, les RBMK (
Reactor Bolshoy Moschnosti Kanalniy
) et les VVER (
Vodo-Vodyanoy Energetichesky Reactor
). On trouve quelques réacteurs à neutrons rapides et, en Roumanie, deux réacteurs CANDU en fonctionnement et deux autres en construction. Les
RBMK
, dérivés d'un concept plus ancien utilisé initialement pour la production de plutonium, sont tous installés en Russie, à l'exception de ceux de Tchernobyl (Ukraine) qui ont cessé toute opération en 2000 et ceux d'Ignalina (Lituanie) arrêtés en 2004 et 2009. Mais la majorité des réacteurs des pays d'Europe de l'Est relève de la filière des
VVER
, c'est-à-dire d'une filière de réacteurs à eau sous pression dont les principales caractéristiques sont voisines de celles des réacteurs constituant le parc nucléaire français.