Le présent article a pour objet la détermination des conditions opératoires et du schéma à mettre en œuvre pour réaliser la séparation d’un ou plusieurs constituants d’un mélange plus ou moins complexe par
distillation
ou par
absorption
. Il est destiné aux non-spécialistes qui ont un problème de séparation à traiter (par exemple, pour purifier un solvant mis en œuvre dans un processus de fabrication en vue de son recyclage) pour leur permettre de poser correctement leur problème aux fournisseurs et de mieux comprendre les choix de ceux-ci. La description, les critères de choix et le dimensionnement des appareils mis en œuvre dans les unités de distillation et d’absorption n’entrent pas dans le cadre de cet article. L’appareil spécifique de ces unités, la colonne de fractionnement, est traité dans les articles [
,
et
de ce recueil (Distillation. Absorption). L’article
Distillation. Absorption : Contrôle et régulation expose les principes de base de la régulation des colonnes.
Comment traiter un problème de séparation
La première question à se poser concerne l’opération unitaire à mettre en œuvre. De par sa nature, la distillation est une grande consommatrice d’énergie et l’augmentation du coût de l’énergie depuis 1973 a amené les industriels à envisager d’autres méthodes de séparation (extraction liquide-liquide, cristallisation, absorption, diffusion à travers des membranes) de façon plus systéma-tique que par le passé, comme substituts à la distillation. Dans presque tous les cas, le choix d’une autre opération unitaire entraîne un accroissement du coût des investissements qui est compensé à plus ou moins long terme par les économies d’énergie réalisées. La distillation reste cependant le meilleur choix pour de nombreuses séparations.
Si différentes méthodes de séparation sont envisageables, le choix se fait sur la base d’une comparaison économique des procédés. Il faut donc, pour chaque voie envisagée, choisir les conditions opératoires pour connaître les consommations (électricité, vapeur, eau de refroidissement) et prédimensionner les appareils principaux pour évaluer le coût de l’installation. L’établissement du schéma et le choix des conditions opératoires générales se font en considérant :
les équilibres liquide-vapeur, liquide-liquide ou liquide-solide ;
les propriétés physiques des produits ;
les conditions locales (utilités disponibles, implantation, débits, conditions économiques) ;
la robustesse...