Il suffit de s’intéresser un peu à l’actualité du numérique pour constater l’importance, par leur nombre et leurs conséquences, des cyberattaques qui visent des entreprises et des États. Souvenons-nous de l’affaire qui a touché Ashley Madison en août 2016, un site de rencontre dont le piratage a conduit au vol de données personnelles de 37 millions de ses membres (e-mails, téléphones, noms, adresses, profils, etc.), ou encore le
malware
Locky en février 2016 dont le mode opératoire est de chiffrer des données à l’insu de leur propriétaire, puis de délivrer, contre une rançon, la clé de déchiffrement permettant au propriétaire de récupérer ses données. La plupart du temps, ces données volées sont revendues sur le
dark web
, un réseau parallèle à Internet réputé faciliter les activités illégales.
Depuis 2013, les révélations d’Edward Snowden, l'ancien agent de la CIA et consultant de la NSA ont permis de sensibiliser le grand public quant à la puissance des outils informatiques, ces derniers permettant la collecte massive de renseignements confidentiels, voire secrets. Pour la première fois dans l’histoire, en 2016, les cyberattaques ont eu des conséquences politiques. L’élection de Donald Trump relèverait en grande partie de piratages informatiques qui ont permis la publication compromettante de messages émis par des responsables du parti démocrate.
D’autres cyberattaques moins médiatisées touchent un grand nombre d’organisations, entreprises, collectivités territoriales... Les objectifs du cyberattaquant sont multiples : la revente de secrets industriels au plus offrant, l’atteinte à l’image et réputation d’une organisation, la fragilisation économique d’une entreprise...
Pour contrer ces cyberattaques, tout un arsenal de solutions techniques existe, mais leur mise en œuvre dans une entreprise n’est possible qu’avec l’aide des ressources humaines pour sensibiliser et former les employés et des experts juridiques pour leurs connaissances des lois et directives européennes à respecter. Le Responsable du SSI (RSSI) est la personne qui, en entreprise, orchestre la stratégie de protection du système d’information. Comme le montre une étude menée par le Clusif en 2016, sur 334 entreprises françaises de plus de 200 salariés dans les secteurs de la banque/assurance, commerce, industrie/BTP, services, transport/télécoms, 15 % d’entre elles (resp. 18 %) en 2016 disent consacrer plus de 6 % (resp. de 3 à 6 %) de leur budget informatique pour la sécurité dans l’entreprise. Le poste de dépense ayant le plus augmenté, en augmentation de 4 points depuis 2014, est la « mise en place d’éléments organisationnels » qui représente 16 % des dépenses.
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