Le contrôle des flux d’informations est un problème central pour la sécurité d’un système quel qu’il soit : une entreprise, un État, un particulier ; tous ont des documents à préserver du regard d’autrui. Cela entraîne, par exemple, la volonté de s’assurer de la
confidentialité d'un transfert d'informations
, de nos jours pris en charge via des mécanismes cryptographiques. À défaut de savoir exactement ce qui peut arriver à la communication, on peut se prémunir des indiscrétions. Cependant, ces mécanismes cryptographiques peuvent ne pas être disponibles, comme c’était encore le cas en France il y a quelques années, où seule une cryptographie faible pouvait être utilisée sans disposition spéciale. Dans ces conditions, assurer la confidentialité relève d’autres techniques, notamment de la stéganographie.
Étymologiquement, « stéganographie » a pour signification « écriture cachée ». Autrement dit, l’objectif principal est de
communiquer sans que cela se voit
. Pour cela, il n’y a pas de mystère, il doit déjà exister une communication que la stéganographie va détourner de son utilisation classique afin de pouvoir inclure de l’information additionnelle aussi discrètement que possible. Malheureusement, les algorithmes stéganographiques sont très dépendants de la structure des données dans lesquelles se fait l’insertion : c’est assez logique, les modifications devant être imperceptibles, il faut altérer les données dans les endroits les plus discrets, ce qui dépend fortement du type des données (audio, image...) et de leur format de représentation (jpeg, gif, mp3...). Donc, contrairement à la cryptographie, nous avons affaire à un ensemble de techniques très variées dépendant des différents formats, même si certaines caractéristiques peuvent perdurer d’un format à l’autre pour un même type de données.
Le premier argument que nous avons mentionné pour motiver l’intérêt d’une étude de la stéganographie lui donne le beau rôle : assurer la confidentialité. Certes, lorsque cette confidentialité sert à dissimuler aux yeux de la justice des actions illégales, ce rôle est déjà moins clairement positif. Mais le réel problème que pose la stéganographie est celui de la fuite d’information : l’objet même de la stéganographie est de dissimuler l’existence du message, ce qui est en contradiction évidente avec toute politique raisonnable de sécurité, un système doit être en mesure de savoir quel type d’information circule (à défaut d’en connaître exactement le contenu) de manière à éviter la divulgation de données sensibles.
C’est précisément à ce problème que les États-Unis et l’Union soviétique ont été confrontés lors d’un traité sur la prolifération des armes nucléaires (SALT 2)....