« La France peut s’enorgueillir d’être une grande puissance électrique ». Ce sont les mots prononcés par le Président de la République, le 26 mai dernier, au Palais de l’Élysée. Ses mots s’adressent à l’« équipe de France de l’électrification », expression utilisée pour désigner les 200 entreprises appelées à s’engager en faveur de l’électrification de la France. Le président a décrété « la mobilisation collective » en rappelant aux industriels l’atout compétitif que représente l’électrification.
Survenant dans un contexte de flambée des prix du pétrole, cette initiative vise à réduire la fragilité du pays découlant de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures importés ; le pétrole représente encore près de 60 % de l’énergie consommée.
Véhicules électriques et pompes à chaleur : les piliers de la stratégie
Le plan exposé par le chef de l’État s’adosse à une production électrique abondante, fruit de la mise en œuvre du discours de Belfort de 2022. Soulevant la question du raccordement, le Président a rappelé l’importance de la réduction des délais et a annoncé que RTE lancera d’ici la fin de l’année cinq grands projets dits « fast-track ». Enedis s’engage également à augmenter de 30 % la rapidité de raccordement de ses projets d’électrification.
L’adoption des véhicules électriques et des pompes à chaleur (PAC) constitue le cœur du plan d’électrification. Au regard des contraintes économiques pesant sur les Français, la visibilité sur les prix est indispensable selon le chef de l’État pour rendre « naturel et désirable » cette conversion.
Illustrant que le véhicule électrique est un levier de réindustrialisation, la principale annonce émane du constructeur automobile Stellantis qui prévoit d’investir plus d’un milliard d’euros pour produire de nouvelles générations de véhicules électriques à partir de 2029 à Mulhouse, une ville qui abrite le plus grand musée automobile du monde.
Le déploiement massif des infrastructures de recharge étant essentiel, le rôle des opérateurs de bornes de recharge a été fortement souligné. Plusieurs annonces ont été faites, notamment par l’entreprise Electra qui investira 300 millions d’euros d’ici 2030, et Engie qui déploiera 5 000 points de recharge. Le groupe Leclerc s’est engagé au déploiement de 10 000 bornes à l’horizon 2030 et la Banque des Territoires a annoncé 1,2 milliard d’euros d’investissement. L’objectif est de passer de 180 000 à 400 000 points de recharge ouverts au public en 2030.
Concernant le volet PAC, le chef de l’État a annoncé l’implantation, par Octopus Energy, d’une nouvelle usine en France.
Premier à indiquer la voie à suivre : EDF. L’énergéticien s’est engagé dès début avril en déployant 240 millions d’euros pour accompagner les foyers modestes pour l’installation d’une PAC et favoriser la conversion des chauffeurs de poids lourds.
Un exercice de communication ?
Annoncées en amont de la neuvième édition du Sommet Choose France, ces déclarations s’inscrivent dans la continuité du Plan d’électrification des usages présenté en avril dernier. En les sollicitant, le gouvernement souhaite pousser à l’action les principaux acteurs de la filière auxquels il demande de fournir les principaux efforts du plan d’électrification.
De manière sous-jacente, cette exhortation est aussi une solution au problème posé par la surproduction électrique du pays. L’activité nucléaire en pleine capacité opérationnelle et l’expansion du solaire et de l’éolien se traduisent par des records d’exportations. L’offre explose mais la demande stagne. Fin 2025, RTE a averti du déséquilibre économique que pouvait engendrer ce décalage. Le gestionnaire du réseau préconisait alors le développement de l’électrification pour utiliser cette électricité excédentaire.
L’électricité ne représentant que 27 % de la consommation, l’objectif est d’atteindre 30 % d’ici 2035, en faisant passer la part de l’électricité dans le mix de 27 % à 38 %.
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