Pour beaucoup d’ingénieurs, le parcours professionnel classique ajoute au fil des années une dimension management à l’expertise technique. Ce duo fonctionne tant que l’environnement reste lisible. Or les entreprises évoluent dans une réalité où les menaces ne s’additionnent plus, mais se combinent, entre volatilité géoéconomique, ruptures technologiques, pressions réglementaires, tensions sociales et contraintes environnementales. Dans ce contexte, compléter un profil technique et management par une compétence structurée de compréhension et de gestion des risques permet de franchir un cap, celui qui mène vers des fonctions de pilotage et de décision.
L’international, nouveau centre de gravité des décisions
L’intérêt est aussi lié au terrain sur lequel se jouent désormais de nombreuses décisions, celui des organisations internationales. Pour progresser dans des groupes exposés à la compétition globale, il ne suffit plus d’optimiser un procédé ou de tenir un planning. Il faut savoir interpréter des signaux faibles, anticiper des scénarios, sécuriser des dépendances critiques, puis transformer cette lecture en recommandations actionnables. Autrement dit, passer de l’analyse à l’arbitrage. Une formation spécialisée en intelligence stratégique aide précisément à installer ce troisième pilier, celui qui complète la technique et le management en apportant une méthode pour décider sous incertitude.
Pour l’ingénieur, l’enjeu est donc simple. Il ne s’agit pas de s’éloigner de la technique, mais d’ajouter une capacité à organiser l’intelligence dans l’entreprise, à hiérarchiser les risques et à éclairer des arbitrages. Cette compétence peut devenir un accélérateur crédible vers des postes de décisionnaires, là où la maîtrise des risques et la vision stratégique comptent autant que l’excellence opérationnelle. Le MSc in Strategic Intelligence and Global Risks s’inscrit dans cette logique.
Pourquoi est-il important d’anticiper les évolutions et ruptures auxquelles sont confrontées les entreprises ?
Philippe Hoddé, concepteur et co-directeur du programme : « Dans un monde géoéconomique, géopolitique et géosociologique complexe et volatile, dont la multipolarité des enjeux entraîne une hyper compétition toujours plus omniprésente, il est devenu impératif pour les équipes dirigeantes des entreprises, quelle que soit leur taille, d’acquérir des connaissances actionnables permettant de qualifier, anticiper et appréhender les risques globaux et les rapports de force à des fins de décisions de compétitivité. Il est donc indispensable de faire passer les organisations du stade réactif au stade offensif afin de leur donner une meilleure capacité d’innovation concurrentielle.
Les ingénieurs jouent un rôle primordial dans ces différents domaines d’action. Leur appréhension des questions techniques et industrielles associées aux enseignements délivrés dans le MSc in Strategic Intelligence and Global Risks leur permettront d’être des acteurs incontournables de la prise de décision aux plus hauts niveaux de leurs organisations. »
Wargames, crises, leadership : la gestion des risques en conditions réelles
Le programme vise à rendre opérationnelle la gestion des risques, en s’appuyant sur des mises en situation. L’approche privilégie l’apprentissage par l’action, avec un stage intensif de leadership, des wargames et des simulations de crise. L’objectif est d’entraîner la prise de décision quand le temps manque, que les données sont partielles et que les marges de manœuvre sont réduites. Le parcours se prolonge par un mémoire de fin d’études et une expérience professionnelle de plusieurs mois, afin d’ancrer les méthodes dans un cas réel et de confronter l’analyse à la complexité des organisations.
En quoi le programme se distingue-t-il d’autres cursus ?
« L’objectif du MSc in Strategic Intelligence and Global Risks est de former les jeunes professionnels et futurs managers à la maîtrise des pratiques, des connaissances et de la recherche d’informations en matière d’intelligence stratégique. Cette ambition nécessite d’être préparé aux risques globaux afin de construire des idées, des décisions et des innovations. Ainsi les acteurs économiques pourront agir en conscience compétitive en tenant compte des apports du renseignement sur la concurrence, les données climatiques et politiques afin de défendre, développer ou maintenir leur avantage compétitif.
Concrètement, l’intelligence stratégique et la maîtrise des risques globaux permettent de répondre à de nombreuses problématiques auxquelles sont confrontées les entreprises :
- choix de partenaires ;
- fusions, acquisitions, croissance externe ;
- innovation et anticipation des tendances ;
- gestion des risques réglementaires et de conformité ;
- protection contre la prédation économique ;
- optimisation de l’expérience client et des opérations ;
- détection et anticipation des risques émergents. »
Maîtriser les règles du jeu avec le MSc in Strategic Intelligence and Global Risks
Un autre atout du programme, particulièrement pertinent pour une cible ingénieurs, tient à sa perspective européenne. L’international y est en effet conçu comme un levier pédagogique pour comparer des cultures de décision et des environnements de risque au sein d’un espace économique et réglementaire très intégré.
Deux séquences structurent cette dimension. Un voyage d’études est ainsi prévu à Turin, au United Nations System Staff College, présenté comme l’institution de formation du système des Nations unies. Une seconde période se déroule à Oulu, en Finlande, dans le cadre d’un échange avec l’Université d’Oulu, avec des visites d’entreprises et une immersion dans un environnement scandinave où les enjeux technologiques et géopolitiques sont particulièrement présents.
Cette orientation européenne peut compter pour des ingénieurs qui visent des responsabilités dans des groupes opérant largement sur le continent, ou en interaction constante avec ses normes, ses chaînes de valeur et ses dépendances stratégiques.
Quelles sont les forces du MSc in Strategic Intelligence and Global Risks ?
« L’ambition de notre programme correspond aux nouvelles problématiques et besoins exprimés par les organisations, qu’elles soient privées ou publiques, au travers de nombreuses publications sur le sujet de l’intelligence stratégique, en France et à l’étranger. À cela s’ajoutent des mises en garde de la part d’acteurs ou décideurs de premier plan (comme des représentants du Parlement et du Sénat français) sur les risques économiques, politiques et climatiques qui menacent les entreprises françaises et plus largement européennes. »
Sur le fond, le programme met donc en avant des défis qui structurent la décision dans la plupart des entreprises. La géopolitique d’abord, abordée comme une grille de lecture des rapports de force, des dépendances et des vulnérabilités, utile pour sécuriser une supply chain, arbitrer des implantations, ou anticiper l’effet de mesures extraterritoriales. La cybersécurité ensuite, devenue un risque systémique à mesure que l’industrie se numérise, que les systèmes industriels se connectent et que la donnée prend une valeur stratégique. L’environnement enfin, traité comme un facteur de transformation et de risque, au moment où les choix d’investissement, d’innovation, de conformité et de réputation sont de plus en plus contraints par le climat et la réglementation.
Retrouvez ici toutes les informations sur le MSc in Strategic Intelligence & Global Risks d’emlyon business school.
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