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SCAF : Safran affiche son excellente relation avec son homologue allemand

Posté le 29 mai 2026
par Aliye Karasu
dans Entreprises et marchés

Accumulant les désaccords industriels et politiques, le projet SCAF semble embourbé. Seule lueur d’espoir dans ce sombre constat : le moteur du futur avion de combat. Grâce à une répartition bien définie des tâches, Safran Aircraft Engines et MTU Aero Engines ont réussi à mettre en place une coopération vertueuse pour la conception de ce moteur innovant et envisagent même de nouveaux projets communs.

Depuis plusieurs mois, Dassault Aviation et Airbus sont dans l’impasse malgré les tentatives de médiation organisées pour la poursuite du programme SCAF. Dans ce feuilleton aux multiples rebondissements, deux acteurs font figure d’exceptions :  Safran Aircraft Engines et le motoriste allemand, MTU Aero Engines. Ces deux groupes industriels sont parvenus à s’accorder harmonieusement pour la construction du moteur qui propulsera le NGF[1], l’avion de combat européen de nouvelle génération qui succédera au Rafale et à l’Eurofighter. Interrogé par un actionnaire au cours de l’Assemblée générale du 21 mai dernier, le directeur général de Safran, Olivier Andriès, a qualifié la relation avec son homologue allemand « d’excellente ». « La coopération se passe tellement bien qu’on a décidé aussi de travailler ensemble sur la préparation technologique des moteurs de forte puissance sur les hélicoptères », a-t-il déclaré.

La clé de la réussite : une juste répartition des rôles

Le partenariat entre les deux motoristes, conclu en 2019, est structuré autour d’un objectif précis : doter l’avion de combat NGF d’un moteur de propulsion équipé de technologies avancées. La conception du moteur polyvalent exige plusieurs innovations technologiques. En effet, le moteur devra être capable de fortes poussées en supersonique (très supérieures à celle du Rafale) et permettre d’accroître la furtivité et la manœuvrabilité de l’appareil. Il devra aussi être à « cycle variable », c’est-à-dire capable d’ajuster le ratio entre les flux d’air primaire et secondaire.

Citons l’exemple de la température de la turbine qui devra culminer à environ 1 825°C, une prouesse technologique : pour y parvenir, Safran s’est doté d’une plateforme de recherche sur les aubes de turbines avancées.

Pour relever ces défis technologiques, les tâches ont été distribuées sur le principe du « meilleur athlète » qui consiste à mobiliser le domaine d’expertise de chacun des deux motoristes aéronautiques. D’un côté, Safran Aircraft Engines assure la conception et l’intégration du moteur et est responsable des parties chaudes (turbine haute pression) ; de l’autre, MTU Aero Engines est en charge des services de maintenance aéronautique et des parties froides.

À l’opposé de la relation Dassault-Airbus

Dassault et Airbus sont loin de partager cette bonne entente. Chacun des acteurs campe sur ses positions. Au regard de la structure coordonnée mise en place par Safran Aircraft Engines et MTU Aero Engines, l’impasse rencontrée par Dassault et Airbus pourrait trouver son origine dans l’architecture alambiquée du projet SCAF. Celle-ci est fragmentée en piliers au sein d’un programme segmenté en phases. De plus, la distribution des rôles est mal définie, Dassault affirme ne pas disposer des leviers nécessaires pour assurer la maîtrise d’œuvre pour laquelle il a été désigné. La volonté étatique qui porte fortement le projet semble ne pas suffire.

Interrogé sur le sujet en janvier dernier, lors de son audition au Sénat, le directeur général de Safran a insisté sur la relation unissant les deux acteurs industriels : « Il y a aujourd’hui une quasi-rupture, vous le voyez bien, au niveau des partenaires industriels avionneurs, sur le pilier avion, qui visiblement n’ont pas trouvé les moyens de travailler ensemble et de définir leur manière de fonctionner ensemble ».

Évoquant sa collaboration avec MTU Aero Engines, il a ajouté : « Depuis qu’on est allé dans le détail de qui fait quoi, on a un fonctionnement parfait. On est d’ailleurs régulièrement cité en exemple, en France comme en Allemagne, sur le fait qu’un partenariat franco-allemand peut marcher dans le domaine de la défense ».

Un exemple dont devraient s’inspirer les industriels en quête d’une coopération où règne la bonne entente.


[1] New Generation Fighter


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