Glossaire

Agar agar : définition et propriétés

Produit gélifiant très utilisé pour les milieux de culture en microbiologie (mot d'origine indonésienne-malaise, codifié E406 dans la liste européenne des additifs alimentaires). Il est obtenu à partir d'algues rouges appartenant aux familles des Gelidiacées (Gelidium et Pterocladia) et des Gracilariacées (Gracilaria). C'est un polymère de galactose (galactane) contenu dans la paroi cellulaire de certaines espèces d'algues rouges. Le mucilage extrait à chaud de ces algues donne, après purification, déshydratation et broyage, la poudre d'agar-agar utilisée essentiellement pour gélifier un grand nombre de produit alimentaires.

Contenus associés

Articles de références et fiches pratiques à propos de : agar agar : définition et propriétés

Produits de confiserie
Réf : F8030

Le nombre de procédés à la disposition du confiseur pour réaliser ses produits est impressionnant, cela conduit à la famille alimentaire qui possède la pl…

Moisissures sur les documents graphiques
Réf : RE230

Les documents graphiques sont des substrats idéaux pour les moisissures. Leur détection et leur identification sont réalisées par des méthodes culturales…

Actualités associées

Articles d'actualité à propos de : agar agar : définition et propriétés

Article TI
Vishing : une escroquerie au bout du fil

Pas la peine d’être un crack en piratage informatique pour escroquer des personnes. Des emails usurpant une entreprise ou une administration sont très eff…

Article TI
News environnement : novembre 2013

Quels sont les événements qui ont marqué l'actualité du secteur Environnement/Energie ces quinze derniers jours ? Au programme : un dispositif développé e…

Mais aussi

Définition : agar agar : définition et propriétés

Un galactane extrait d'algues rouges

L'agar-agar est un produit gélifiant obtenu à partir d'algues rouges, essentiellement des genres Gelidium, Pterocladia et Gracilaria. Ce polysaccharide est souvent utilisé en référence pour comparer les gélifiants entre eux. Le nom vient du malais. Chimiquement, il s'agit d'un galactane, c'est-à-dire un polymère de galactose, présent dans la paroi cellulaire de ces algues où il assure la souplesse du thalle. L'extraction se fait à l'eau chaude, suivie d'une purification, d'une déshydratation et d'un broyage. On obtient ainsi l'agar-agar sous forme de poudre, la seule sous laquelle il est commercialisé, en petite boîte pour la cuisine comme en sac de 25 kg pour l'industrie.

Le produit industriel n'est pas une molécule unique mais un mélange de deux fractions aux rôles distincts. L'agarose, neutre et faiblement substituée, porte l'essentiel du pouvoir gélifiant. L'agaropectine, chargée en groupements sulfate et pyruvate, gélifie mal et se comporte plutôt comme un épaississant. Le rapport entre les deux dépend de l'espèce d'algue et du procédé, et il explique pourquoi deux poudres d'origine différente ne donnent pas la même consistance à dose égale. La ressource algale elle-même et sa gestion sont traitées dans macroalgues tropicales, une ressource durable d'avenir.

Nature chimique
galactane, polymère de galactose
Origine
algues rouges, Gelidium et Gracilaria
Code additif européen
E406
Fractions constitutives
agarose et agaropectine
Température de gélification
32 à 45 °C
Température de fusion du gel
85 à 95 °C
Dosage courant en cuisine
2 à 8 g par litre
Concentration en milieu de culture
15 g par litre
Solubilité
insoluble à froid, soluble au-dessus de 90 °C
Comportement du gel
thermoréversible, cassant, non élastique

L'hystérésis, la propriété qui fait toute la différence

Un gel d'agar prend en refroidissant vers 35 °C et ne refond qu'au-delà de 85 °C. Cet écart de cinquante degrés entre prise et fusion s'appelle hystérésis thermique, et aucun autre gélifiant courant n'en présente d'aussi fort. C'est la propriété qui fait l'intérêt de l'agar-agar. Il a une conséquence pratique immense, un gel d'agar tient à température ambiante et même à 40 °C, ce qui interdit à la gélatine tout emploi comparable en climat chaud ou en produit non réfrigéré.

Le mécanisme tient à la conformation des chaînes. En solution chaude, l'agarose est en pelote statistique désordonnée. Au refroidissement, les chaînes s'enroulent en doubles hélices qui s'agrègent ensuite en faisceaux, et c'est cette agrégation, très stable, qu'il faut vaincre pour refondre le liquide. La base physico-chimique de ces réseaux est exposée dans gels de biopolymères naturels pour formulation agroalimentaire.

Le choix entre gélifiants se joue sur peu de chose, et trois comparaisons suffisent à trancher en formulation.

  • Face à la gélatine, l'agar-agar donne un gel cassant et net là où la gélatine donne un gel élastique qui fond en bouche. Il est d'origine végétale et donc vegan, ce que la gélatine porcine ou bovine n'est pas, et il gélifie avec 2 g par litre quand la gélatine en réclame 15, soit près de 7 fois moins de matière.
  • Face à la pectine, il ne réclame ni sucre ni acidité particulière pour prendre, alors qu'une pectine hautement méthylée exige plus de 55 % de matière sèche soluble.
  • Face aux carraghénanes, autres extraits d'algues rouges, il ne réagit pas avec les protéines du lait, ce qui le rend utilisable dans une préparation lactée sans risque de floculation.

Un piège de mise en œuvre revient constamment. La poudre ne se disperse pas à froid, il faut la porter à ébullition dans le liquide une minute au moins pour hydrater complètement les chaînes, sinon le gel ne prend pas ou prend mal. Le conseil vaut pour toutes les recettes, professionnelles ou domestiques. Une deuxième précaution concerne les préparations acides, un pH inférieur à 4 hydrolyse partiellement le polymère à chaud et fait chuter la force du gel. Ajouter le jus de citron au bout de la cuisson règle la question, et permet de réaliser une gelée de fruits sans perte de tenue.

Du milieu de culture au dessert, en passant par le gel d'électrophorèse

Le premier usage historique de l'agar-agar n'est pas alimentaire, il est microbiologique. Le gel supporte la stérilisation à 121 °C, reste solide à 37 °C pendant toute l'incubation, et pratiquement aucune bactérie ne sait le dégrader, ce qui en fait le support de culture universel depuis la fin du XIXe siècle. Les milieux gélosés à 15 g par litre restent la base de la microbiologie appliquée, y compris pour le contrôle de l'air décrit dans les aérosols microbiens dans l'air du temps et pour l'identification des contaminants de moisissures sur les documents graphiques.

La fraction agarose purifiée de l'agar-agar sert de support aux gels d'électrophorèse des acides nucléiques, où la taille des pores contrôle la séparation des fragments. On trouvera là une des rares applications où c'est la structure du réseau, et non sa tenue mécanique, qui est obtenue pour elle-même.

En agroalimentaire, l'agar-agar joue le rôle de gélifiant et d'épaississant dans les gelées, les desserts, les garnitures et les produits de confiserie, secteur traité dans produits de confiserie. La quantité se joue au gramme près, 2 g d'agar-agar par litre donnent une gelée souple, 8 g un bloc ferme qu'on peut découper. Ces valeurs sont à retenir avant de se lancer dans des recettes converties depuis la gélatine. En cuisine, la même règle vaut pour un flan ou un gâteau monté, avec la contrainte que le goût est neutre et n'apporte rien au profil aromatique. Le classement de l'agar-agar parmi les consommables de laboratoire ou parmi les additifs alimentaires dépend donc du seul degré de purification.

On peut trouver à ce propos beaucoup d'affirmations sur les bienfaits de l'agar-agar, qui relèvent de la nutrition et non des propriétés du matériau. Ce qui est établi tient en une ligne, il s'agit d'une fibre soluble non digérée par les enzymes humaines, employée à quelques grammes par litre.

L'agar-agar sort aussi de l'assiette. La cosmétique emploie l'agar-agar comme agent de texture, sujet couvert par formulation des polymères naturels en cosmétique, aux côtés d'autres polysaccharides d'origine microbienne présentés dans obtention d'exopolysaccharides bactériens et applications en cosmétique. Les usages biomédicaux des galactanes marins, eux, font l'objet de les polysaccharides marins et leurs applications dans le domaine de la santé.

Questions fréquentes à propos de agar agar : définition et propriétés

Qu'est-ce que l'agar-agar ?

C'est un gélifiant d'origine végétale extrait d'algues rouges, codifié E406, formé d'un polymère de galactose. Sa poudre se dissout à l'ébullition puis gélifie vers 35 °C en un gel ferme et cassant, qui ne refond qu'au-delà de 85 °C. Cette stabilité à température ambiante explique son emploi en microbiologie comme en agroalimentaire.

Comment utiliser l'agar-agar ?

La poudre doit être portée à ébullition dans le liquide pendant au moins une minute, faute de quoi elle ne s'hydrate pas et le gel ne prend pas. Comptez 2 g par litre pour une texture souple et jusqu'à 8 g pour un bloc ferme. La prise intervient au refroidissement, vers 35 °C, sans passage obligatoire au réfrigérateur.

Quelle différence entre agar-agar et gélatine ?

La gélatine est une protéine animale, l'agar un polysaccharide d'algue, donc compatible avec une alimentation végétalienne. Le gel de gélatine est élastique et fond vers 30 °C, celui d'agar est cassant et tient jusqu'à 85 °C. Un dessert à l'agar ne fond pas dans une pièce chaude, un dessert à la gélatine oui.

Pourquoi mon gel à l'agar-agar n'a-t-il pas pris ?

Deux causes couvrent la quasi-totalité des cas. Soit l'ébullition a été trop courte et la poudre reste mal hydratée, soit la préparation est trop acide et le polymère s'est hydrolysé à chaud. Un jus de citron ou un fruit acide s'ajoutent après la cuisson, jamais pendant. Un dosage insuffisant est la troisième explication possible.

Pourquoi l'agar-agar est-il utilisé en microbiologie ?

Parce qu'il résiste à l'autoclave à 121 °C, reste solide à la température d'incubation de 37 °C et n'est dégradé par presque aucune bactérie. Le milieu conserve donc sa structure pendant toute la culture, ce qu'aucun gel protéique ne permet. Sa version purifiée, l'agarose, sert aussi de support aux gels d'électrophorèse.

L'agar-agar apporte-t-il des calories ?

Très peu, puisqu'il s'agit d'une fibre soluble que les enzymes digestives humaines ne coupent pas et qu'il est employé à des doses de l'ordre de quelques grammes par litre de préparation. Aux doses usuelles, il représente moins de 1 % de la masse de la préparation, et sa contribution énergétique reste négligeable devant celle du sucre ou des matières grasses de la recette dans laquelle il entre.

Pour aller plus loin dans la base documentaire : Gels de biopolymères naturels pour formulation agroalimentaire · Macroalgues tropicales, une ressource durable d'avenir · Produits de confiserie · Formulation des polymères naturels en cosmétique · Obtention d'exopolysaccharides bactériens et applications en cosmétique · Les polysaccharides marins et leurs applications dans le domaine de la santé · Les aérosols microbiens dans l'air du temps · Moisissures sur les documents graphiques

Inscrivez-vous aux newsletters !

Contactez-nous