L'UE n’est plus très loin de ses objectifs en matière de recharge électrique. Si la puissance de ces infrastructures dépasse déjà largement les exigences européennes, quelques lacunes subsistent sur le maillage des grands axes routiers. Selon T&E, 70 stations de recharge stratégiquement implantées suffiraient à atteindre plus de 90 % des objectifs de couverture du réseau central.
L’Union européenne avance à grands pas sur son calendrier de déploiement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Selon le dernier rapport de l’ONG T&E (Transport & Environment), les États membres ont déjà dépassé ou se rapprochent des objectifs fixés par le règlement européen AFIR (Alternative fuels infrastructure regulation). Entré en vigueur en fin d’année 2023, celui-ci fixe deux objectifs principaux pour accompagner le développement de la mobilité électrique.
Le premier impose que la puissance totale des infrastructures publiques de recharge augmente au rythme de la progression du parc de véhicules électriques. Le second prévoit un maillage minimal des grands axes européens, avec des stations de recharge ultra-rapide installées tous les 60 kilomètres. Ces exigences deviennent progressivement plus ambitieuses entre 2025 et 2035, aussi bien en matière de puissance disponible que de nombre de points de recharge par station.
Les résultats publiés par T&E montrent que le premier objectif est d’ores et déjà largement dépassé. À l’échelle de l’UE, les capacités de recharge publiques excèdent de plus de 180 % les niveaux minimaux imposés par AFIR. 23 des 27 États membres disposent même d’une puissance de recharge supérieure au double du seuil réglementaire. En 2025, le nombre de points de recharge publics a atteint 1,1 million dans l’Union européenne, soit cinq fois plus qu’en 2020. Et selon des projections, ce réseau pourrait encore croître de 90 % d’ici 2030 pour dépasser les deux millions de points de recharge.
L’autre grand indicateur suivi par le rapport concerne la couverture des principaux axes routiers européens. À la fin du premier trimestre 2026, 79 % du réseau regroupant les principaux axes routiers reliant les États membres respecte déjà les exigences fixées pour 2025 concernant l’installation de stations de recharge ultra-rapide. L’Europe occidentale affiche une avance particulièrement marquée puisque plus de 99 % de son réseau est désormais conforme. Quant aux pays d’Europe centrale et orientale, ils accusent encore certains retards mais enregistrent les progressions les plus rapides, avec une hausse moyenne de 23 % de leur couverture au cours de la seule année 2025.
L’Europe du Sud et de l’Est doivent encore combler leur retard
La Pologne illustre cette accélération. En moins de deux ans, son taux de conformité sur ses principaux axes de transport est passé de 20 % à 59 %, grâce à un triplement de la couverture entre la fin de l’année 2024 et juin 2026. Si le pays reste en dessous des niveaux observés en Europe occidentale, il figure parmi ceux qui rattrapent le plus rapidement leur retard.
Selon T&E, les écarts restants pourraient être résorbés relativement rapidement. Plus de 90 % des objectifs de couverture prévus pour 2025 seraient atteints avec seulement 70 stations de recharge judicieusement implantées, dont 22 en Espagne, 11 en Pologne et 7 en Roumanie. Par ailleurs, la quasi-totalité de ces emplacements dispose déjà d’une borne rapide de 50 kW. Avec 122 stations supplémentaires, la couverture dépasserait même 95 % du réseau central européen.
Le rapport souligne les bonnes performances françaises. La France dépasse de 140 % les objectifs de puissance fixés par AFIR. Son réseau regroupant les principaux axes routiers est conforme à 99 % aux exigences prévues pour 2025. Quant à son réseau plus large, il respecte déjà les objectifs fixés pour 2027 et atteint également 87 % des exigences prévues pour 2030. T&E considère ainsi que la France satisfait d’ores et déjà l’ensemble des principaux objectifs européens en matière de recharge publique.
L’organisation estime toutefois que le travail n’est pas terminé. Elle plaide pour une amélioration de la qualité des services proposés aux automobilistes, notamment en matière de transparence des prix et d’information sur les bornes disponibles. Elle appelle aussi les pouvoirs publics à concentrer leurs efforts sur les derniers tronçons encore insuffisamment équipés et à prolonger les financements européens destinés aux infrastructures de recharge. T&E juge enfin essentiel de maintenir les objectifs européens de réduction des émissions de CO₂ des voitures afin de garantir la poursuite des investissements dans les réseaux de recharge.






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