RÉSUMÉ
Les produits de la mer renferment un microbiote très divers et riche en bactéries, dont certaines peuvent être pathogènes pour l’homme (Listeria monocytogenes)ouentrainer l’altération organoleptique de l’aliment. Afin d’éviter leur prolifération, la biopréservation constitue une technique de conservation douce qui consiste à inoculer dans l’aliment des micro-organismes ou leurs métabolites présentant des activités antimicrobiennes. Cet article décrit l’ensemble des méthodes permettant de mettre au point une telle stratégie et illustre son efficacité par de nombreux exemples, le plus souvent associés à l’utilisation de bactéries lactiques.
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AUTEUR(S)
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Delphine PASSERINI
: Cadre de recherche Laboratoire écosystèmes microbiens et molécules marines pour les biotechnologies (EM3B), Ifremer, Nantes, France
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Laetitia KOLYPCZUK
: Ingénieur Laboratoire écosystèmes microbiens et molécules marines pour les biotechnologies (EM3B), Ifremer, Nantes, France
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Sabrina MACÉ
: Cadre de recherche Laboratoire écosystèmes microbiens et molécules marines pour les biotechnologies (EM3B), Ifremer, Nantes, France
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Marie-France PILET
: Professeur INRAE, Oniris, Sécurité des aliments et microbiologie (SECALIM), Nantes, France
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Françoise LEROI
: Cadre de recherche, HDR Laboratoire écosystèmes microbiens et molécules marines pour les biotechnologies (EM3B), Ifremer, Nantes, France
INTRODUCTION
La consommation des
produits de la mer
est en constante augmentation grâce aux qualités nutritives reconnues de ces aliments et parce qu’elle garantit la sécurité alimentaire dans certaines parties du monde. Cependant, ce sont des denrées fragiles qui entraînent des pertes économiques et du gaspillage alimentaire, sujets au cœur des préoccupations mondiales actuelles. Ces aliments constituent également des vecteurs d’organismes pathogènes pour l’homme, qui peuvent être responsables de toxi-infections alimentaires. Cela est d’autant plus le cas avec les modes de consommation qui évoluent vers des produits crus, moins fumés, moins salés, dont la préparation et le stockage permettent la contamination et le développement de micro-organismes altérants ou pathogènes. Les acteurs de la filière cherchent des solutions permettant d’améliorer la qualité et la sécurité tout au long de la durée de vie des produits de la mer, tout en conservant leurs propriétés organoleptiques. La
biopréservation
apparaît comme une stratégie douce appropriée à ce type de matrice, en particulier pour les aliments légèrement préservés conditionnés sous vide ou atmosphère protectrice. Combinée à la réfrigération et parfois à d’autres méthodes, elle consiste à inoculer les matrices alimentaires avec des souches bioprotectrices sélectionnées ayant la propriété d’empêcher la prolifération des organismes indésirables. L’efficacité et la reproductibilité de cette stratégie restent néanmoins très dépendantes du
microbiote endogène
, essentiellement composé de
bactéries
, implantées dans la matrice. De ce fait, de nombreuses études sont aujourd’hui menées afin de décrire ce microbiote, de comprendre son évolution au cours du stockage, et d’élucider les facteurs influençant son rôle dans le processus d’altération.
Comme décrit dans cet article, la biopréservation permet de diminuer l’impact économique et sanitaire lié aux micro-organismes indésirables. Les microbiotes des produits de la mer constituent à la fois la source de souches bioprotectrices marines et celles de flores d’altération et de multiples stratégies permettent de sélectionner ces souches bioprotectrices.
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MOTS-CLÉS
bactéries lactiques
| Altération des produits de la mer
| Microbiote
| Listeria monocytogenes
| Listériose
Lecture en cours
Biopréservation des produits de la mer avec des bactéries marines