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Oléagineux : définition et propriétés

Les oléagineux : définition

Plantes qui produisent des fruits (olive, noix de palme, de coco, etc…) et/ou des graines (tournesol, arachide, palme, etc…), riches en triglycérides.
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Définition : oléagineux : définition et propriétés

Les oléagineux en chiffres : teneurs en huile

Une culture est dite oléagineuse quand la matière grasse accumulée dans sa graine ou son fruit justifie à elle seule sa mise en culture. La teneur en huile change fortement d'une espèce à l'autre, du simple au double entre le soja et le tournesol. Cet écart décide de tout l'aval : itinéraire d'extraction, rendement en huile et valeur du tourteau obtenu. Le tableau ci-dessous donne les repères des principales espèces.

Colza
Graine, environ 40 % d'huile, jusqu'à 45 % selon les variétés
Tournesol
Graine, environ 45 % d'huile
Soja
Graine, environ 20 % d'huile, d'où son classement en oléo-protéagineux
Palmier à huile
Pulpe du fruit, près de 50 % de lipides ; amande (palmiste), environ 50 % d'huile
Autres espèces cultivées
Arachide, olivier, lin, cotonnier, cocotier (coprah), sésame, ricin
Coproduit de trituration
Tourteau : environ 28 % de protéines pour un tourteau de tournesol conventionnel, 36 % après décorticage
Rendement en huile le plus élevé
Palmier à huile, de l'ordre de 7 tonnes d'huile par hectare et par an

À quoi servent les oléagineux ?

  • Huiles alimentaires : huiles de table et de friture, matières grasses pour l'industrie agroalimentaire.
  • Alimentation animale : les tourteaux sont une source de protéines majeure pour les élevages, en concurrence directe avec le soja importé.
  • Biocarburants : la filière colza alimente la production de biodiesel, qui absorbe une large part de l'huile produite en Europe.
  • Oléochimie : lubrifiants, tensioactifs, solvants, peintures et biomatériaux obtenus à partir des acides gras.
  • Cosmétique et pharmacie : huiles végétales utilisées comme excipients ou comme actifs.

La filière tient sur ses deux jambes : l'huile d'un côté, les protéines de l'autre. Une usine de trituration ne se rentabilise jamais sur l'huile seule, ce qui explique la sensibilité du secteur au prix des tourteaux autant qu'à celui des huiles, et la place prise par les débouchés énergétiques dans l'équilibre économique européen.

De la graine à l'huile : le procédé de trituration

La trituration rassemble les opérations qui séparent l'huile du reste de la graine. Elle commence par de la mécanique : nettoyage, décorticage éventuel, broyage et aplatissage pour rompre les parois cellulaires, puis pressage. Un premier flux d'huile sort de presse, mais le tourteau en retient encore une part significative.

Vient l'extraction par solvant, à l'hexane le plus souvent, qui récupère l'huile résiduelle et fait descendre la teneur en matières grasses du tourteau à quelques pour cent. Le solvant est évaporé puis recyclé en boucle. Le tourteau, lui, est désolventé et toasté, opération qui améliore sa valeur alimentaire. L'huile brute part au raffinage : démucilagination, neutralisation, décoloration, désodorisation. À la sortie, elle est stable, neutre de goût et d'odeur.

L'itinéraire dépend de la richesse de la graine. Les espèces très riches, colza et tournesol, supportent un pressage poussé avant extraction. Le soja, deux fois moins gras, part généralement directement en extraction après préparation, sa valeur se concentrant dans le tourteau. Un pressage à froid, sans solvant, existe aussi : il produit des huiles de qualité alimentaire supérieure mais laisse beaucoup d'huile dans le tourteau, donc réserve ce choix aux petits volumes valorisés.

Huiles, tourteaux, biodiesel : la valorisation des coproduits

Aucun flux n'est perdu dans une usine de trituration. L'huile raffinée part vers l'alimentaire, l'industrie ou l'estérification. Les tourteaux partent en alimentation animale, où leur teneur en protéines fixe le prix. Les coques et pellicules issues du décorticage servent souvent de combustible sur site.

La transformation en biodiesel passe par une transestérification de l'huile avec du méthanol, qui donne des esters méthyliques d'huiles végétales et de la glycérine. Cette glycérine, longtemps considérée comme un résidu encombrant, alimente désormais la chimie et la cosmétique. Le colza français illustre bien cette imbrication : plus de la moitié de son huile transformée va au biodiesel, et le tourteau qui reste nourrit les élevages, ce qui fait de la même récolte un produit énergétique et une source de protéines locale.

Oléagineux ou protéagineux : où passe la frontière ?

La distinction repose sur ce que la plante accumule. Un oléagineux stocke prioritairement des lipides, un protéagineux des protéines, comme le pois ou la féverole, cultivés sans objectif huilier. Le soja tient une position intermédiaire, avec environ 20 % d'huile et une fraction protéique élevée : on le qualifie d'oléo-protéagineux. Les statistiques agricoles regroupent souvent les deux familles, d'où la fréquence du terme oléoprotéagineux dans les données de surfaces et de récoltes.

La frontière n'est pas qu'une affaire de vocabulaire, elle décide de la destination de la récolte. Une graine à 40 % d'huile part en trituration, une graine à 25 % de protéines et 2 % de lipides part directement en alimentation animale ou humaine. Entre les deux, le soja se traite en usine mais tire sa valeur du tourteau, ce qui en fait un cas d'école pour comprendre l'économie de la filière.

Les fruits oléagineux au sens alimentaire

Un troisième emploi du mot circule, celui de la nutrition. On parle de fruits oléagineux pour désigner les fruits à coque et les graines riches en lipides consommés tels quels, sans passer par une usine d'extraction : amandes, noix, noisettes, noix de cajou, pistaches, noix du Brésil, noix de pécan, cacahuètes, sans oublier la noix de coco. Les graines de courge, de tournesol, de sésame, de lin ou de chia entrent dans la même catégorie d'usage. Même racine, tout autre contexte : ici la richesse en lipides est un critère alimentaire, pas un critère de transformation industrielle.

La composition varie beaucoup d'un produit à l'autre. Les fruits à coque titrent de l'ordre de 45 à 65 % de matières grasses selon les espèces, la noix de coco fraîche nettement moins. Le profil en acides gras change aussi : les graines de lin, les graines de chia et la noix comptent parmi les sources végétales d'oméga 3, alors que les amandes et les noisettes sont dominées par les acides gras mono-insaturés, comme l'huile d'olive. Ces différences expliquent qu'on recommande de varier les sources plutôt que d'en consommer une seule.

Côté usages culinaires, ces produits se rencontrent entiers, concassés, sous forme de purée d'oléagineux (purée d'amande ou de noisette, sans sucres ajoutés) ou pressés en huile. Un point de vigilance revient dans tous les conseils de conservation : ces matières grasses rancissent. Les acides gras insaturés s'oxydent au contact de l'air, de la lumière et de la chaleur, ce qui donne cette amertume caractéristique d'une amande trop vieille. D'où le réflexe de les acheter en petites quantités, de les conserver au frais dans un contenant fermé, et de garder les huiles les plus fragiles, lin et noix, au réfrigérateur après ouverture.

Questions fréquentes à propos de oléagineux : définition et propriétés

Quels sont les principaux oléagineux ?

Le colza, le tournesol, le soja et le palmier à huile assurent l'essentiel de la production mondiale d'huiles végétales. S'y ajoutent l'arachide, l'olivier, le cocotier, le lin, le cotonnier, le sésame et le ricin, ce dernier réservé aux usages industriels.

Qu'est-ce qu'un tourteau d'oléagineux ?

C'est le résidu solide de la trituration, obtenu après extraction de l'huile. Pauvre en matières grasses résiduelles mais concentré en protéines, il est valorisé en alimentation animale. Un tourteau de tournesol conventionnel titre environ 28 % de protéines, contre 36 % quand la graine a été décortiquée.

Quelle différence entre oléagineux et protéagineux ?

L'oléagineux est cultivé pour l'huile de ses graines ou de ses fruits, le protéagineux pour leurs protéines. Le soja, riche des deux, est classé à part comme oléo-protéagineux.

Quels sont les fruits oléagineux à consommer ?

Amandes, noix, noisettes, noix de cajou, pistaches, noix du Brésil et cacahuètes forment le gros de la famille, complétée par les graines de courge, de tournesol, de sésame, de lin et de chia. Leur teneur en matières grasses se situe le plus souvent entre 45 et 65 %, avec des profils en acides gras différents d'un produit à l'autre, ce qui plaide pour varier les sources.

Comment conserver des oléagineux ?

À l'abri de l'air, de la lumière et de la chaleur, dans un contenant fermé. Leurs acides gras insaturés s'oxydent et prennent un goût amer de rance. Les huiles les plus fragiles, lin et noix, se gardent au réfrigérateur une fois ouvertes, et les fruits à coque décortiqués se conservent moins longtemps que les fruits entiers.

Quel oléagineux produit le plus d'huile par hectare ?

Le palmier à huile, très loin devant les cultures annuelles, avec un rendement de l'ordre de 7 tonnes d'huile par hectare et par an. Cette productivité explique sa place de première source de corps gras végétal sur le marché mondial, et une bonne part des enjeux d'usage des sols qui l'accompagnent.

Pour aller plus loin dans la base documentaire : Corps gras : extraction et raffinage · Trituration des graines oléagineuses · Biocarburants et esters méthyliques d'huiles végétales · Oléochimie et tensioactifs d'origine végétale

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