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La population mondiale peut-elle se passer de l’huile de palme ?

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

Elle est devenue sous nos latitudes un argument écologique puissant : c’est la mention « sans huile de palme » qui fait à la fois vendre les frittes et autres préparations culinaires grillées ou onctueuses. Mais avant de brandir de telles bannières salvatrices, faudrait-il encore se poser la question simple : pouvons-nous nous passer collectivement d’huile de palme ?

Les bases de données de la FAO nous apprennent que le monde, avec les 13 qualités d’huiles végétales les plus courantes, a produit en 2012 dans les 165 millions de tonnes de corps gras d’origines végétales (fig.1) dont près de 40% sont constitués d’huiles issues du fruit du palmier à huile (huile de palme issue de la pulpe du fruit et huile de palmiste issue du noyau).

figure 1: Productions mondiales annuelles d’huiles végétales (FAO- Déc. 2013)

 

Ceci correspond à des productions annuelles de 25 litres d’huile par terrien (nourrissons compris), ou 100 litres par an pour une famille occidentale type de deux adultes et deux enfants.

Il ressort de ces valeurs qu’une part de cette ressource (80% environ) sous forme d’huile purifiée ou sous forme solide après hydrogénation se retrouve dans les productions culinaires familiales ou industrielles, mais aussi qu’une part est disponible pour les applications industrielles du type production de savons par saponification, d’additifs divers dans les produits pour soins.

La production de biocarburants (biodiesel) n’utilise qu’une faible part de la ressource (24 MT dont 6MT d’huile de palme en 2012, mpoc).

Ces transformations sont réalisées soit de façon simple, par trans-estérification qui remplace la base glycérol des triglycérides par un autre alcool de type méthanol ou éthanol, soit de façon plus sophistiquée, par hydrogénation catalytique suivie d’un cracking catalytique conduisant à des chaines riches en carbones tertiaires selon le procédé du finlandais Neste Oil par exemple (fig.2) qui permet d’accéder à des carburants de forte valeur ajoutée.

Remarque : ce procédé utilise aussi les sous-produits de purification ou d’utilisation des huiles ainsi que diverses graisses animales.

Figure 2 : Procédé de production de biocarburants (biodiesel) par le procédé Neste Oil

 

Les productions mondiales d’huiles végétales ont présenté, en quantité,  durant les 50 dernières années un taux de croissance supérieur à celui de la population, indice certain d’accroissement du niveau de vie moyen dans le monde, qui a vu les productions d’huiles végétales annuelles par terrien quadrupler en 50 ans (fig.3).

FIG 3 : productions annuelles d’huiles végétales par terrien durant les 50 dernières années (FAO) en litres

 

Avec une part de marché en volume de 40%, les huiles issues du fruit du palmier à huile représentent donc 10 litres d’huile par an et par habitant de notre planète.

Ce succès des huiles de palme et de palmiste qui ne représentaient que 12% du marché en volume au début des années 70, provient du développement intensif de ces cultures en Indonésie et en Malaisie, favorisé par le climat et des rendements de productions de fruits frais impressionnants (voisins des 24 tonnes par hectare à maturité, rapport SIME, DARBY 2008). Dans la pulpe sèche du fruit (mésocarpe) la teneur en huile peut atteindre les 90% (Vincent Arondel).

« Proche de quatre tonnes d’huile par hectare (fig.4) (huile de palme + huile de palmiste), le rendement de la palmeraie est, en moyenne mondiale, dix fois supérieur à celui du soja et quatre fois à celui du colza. Les groupes performants atteignent facilement 6 t/ha sur plusieurs milliers d’hectares, et certaines plantations dépassent même 8 t/ha. Ainsi, pour satisfaire une demande en huile croissante, il faut beaucoup moins de surfaces en palmier qu’en toute autre plante oléagineuse. » (Hubert Omont du Cirad, Nov. Déc.2010).

Figure 4 : rendement de l’huile de palme comparé

 

Ces quelques données laissent à penser que le palmier à huile ne pourrait être que difficilement passé par pertes et profits dans le monde des huiles végétales, quoi qu’en pensent ou essayent de nous faire croire, les chargés de « marketing écologique » des produits alimentaires de grande distribution.

Par Raymond Bonaterre

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