[1] Revêtement imperméable (en béton généralement pour les ouvrages d’épuration) protégeant la base d’une construction contre l’érosion des eaux, ou lui servant de fondation.
[2] Élément de structure relativement épais et fortement armé, reposant sur le sol, et supportant la totalité de l’ouvrage et des charges permanentes importantes.
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Définition : Radier : définition
Ce qu'est un radier, et ce qui le distingue des autres fondations
Un radier est une fondation superficielle formée d'une dalle en béton armé qui s'étend sous toute l'emprise du bâtiment. Là où des semelles isolées ou filantes concentrent les descentes de charge sur quelques points ou quelques bandes, le radier les répartit sur la totalité de la surface au sol. Le principe est celui de la raquette à neige, augmenter la surface d'appui pour abaisser la pression transmise au terrain. Un radier bétonsert donc autant à porter qu'à répartir.
Le gain est mesurable. Un poteau reprenant 500 kN sur une semelle de 1 m² transmet 0,5 MPa au sol. La même charge répartie par un radier sur 10 m² de terrain n'en transmet plus que 0,05 MPa, soit 10 fois moins. C'est ce rapport qui rend constructibles des terrains que des semelles ne pourraient pas exploiter, et il explique que le radier soit devenu le modèle de référence dès que la couche porteuse se dérobe. L'utilisation de cette solution s'est grandement répandue sur les projets de maisons neuves implantées sur d'anciens terrains agricoles.
Le radier reste une fondation superficielle, il transmet ses charges à la couche de surface. C'est ce qui l'oppose aux pieux et aux barrettes, qui vont chercher un horizon résistant plusieurs mètres plus bas. Le panorama de ces solutions figure dans les différents types de fondations, avec le détail des semelles dans les fondations par semelles et celui des solutions profondes dans les fondations profondes. Le cas particulier du radier et de son association au cuvelage est traité dans les fondations par radiers et cuvelages.
Type de fondation
superficielle, dalle continue
Matériau
béton armé, parfois précontraint
Épaisseur pour une maison individuelle
de 20 à 40 cm
Épaisseur pour un immeuble ou un ouvrage lourd
de 1 à plus de 3 m
Règle de bascule depuis les semelles
quand leur surface dépasse environ 50 % de l'emprise
Contrainte admissible d'un sol médiocre
de l'ordre de 0,05 MPa
Poussée d'Archimède sous nappe
10 kN par mètre cube immergé
Référentiel de calcul
Eurocode 7 pour la géotechnique, Eurocode 2 pour le béton
Mission géotechnique préalable
étude de sol selon la norme NF P 94-500
Variantes courantes
radier plat, nervuré, à caissons, radier général
Ferraillage
deux nappes croisées, en partie haute et en partie basse
Dans quels cas retenir un radier
Le choix ne relève jamais du seul confort de réalisation, il découle de l'étude de sol et du bilan des charges. La reconnaissance du terrain est un premier passage impératif, et aucun système de fondation ne se retient sans elle. Les situations qui le rendent pertinent se combinent souvent sur le même chantier.
Un sol de faible portance, argile molle, vase, remblai récent, où la contrainte admissible descend vers 0,05 MPa. Des semelles y prendraient des dimensions démesurées et finiraient par se toucher.
Une emprise déjà largement occupée par les semelles. La règle de technique couramment retenue veut qu'au-delà de la moitié de la surface au sol, le radier revienne moins cher, parce qu'on économise le terrassement en tranchées, les coffrages multiples et le temps de mise en œuvre.
Un sol hétérogène, où des tassements différentiels sont à craindre. La dalle continue rigidifie l'ensemble et fait travailler la structure comme un bloc, ce qui répartit les désordres au lieu de les concentrer sur une file de poteaux.
La présence d'une nappe phréatique, quand le sous-sol doit rester sec. Le radier devient alors le fond d'une cuve étanche, et il travaille en flexion inversée sous la poussée de l'eau.
Le calcul d'un radier renverse la logique d'une dalle de plancher. Les charges descendent depuis les poteaux et les voiles, la réaction du sol remonte de façon répartie, et la dalle travaille en flexion sous cette réaction. Les moments changent de signe entre les appuis et les travées, ce qui impose un ferraillage en deux nappes croisées, l'une en partie haute et l'autre en partie basse. Un radier n'est jamais armé d'un seul côté.
Le dimensionnement se joue sur quelques vérifications qui commandent tout le reste. Le tassement absolu doit rester compatible avec l'ouvrage, mais c'est surtout le tassement différentiel entre deux points qui provoque les désordres, fissuration des cloisons, blocage des menuiseries, rupture des canalisations. Le poinçonnement local sous chaque poteau exige une épaisseur suffisante ou des renforts, la charge s'y concentrant sur quelques décimètres carrés. La sous-pression hydrostatique, enfin, peut dépasser le poids de la construction sur un ouvrage léger et enterré, et fait alors flotter le bâtiment. Chaque mètre de hauteur d'eau exerce 10 kN par mètre carré, ce qui atteint vite plusieurs centaines de tonnes sur une emprise courante.
La géométrie suit l'intensité des efforts. Le radier plat, de section constante, convient aux charges modérées et reste le plus simple à réaliser. Le radier nervuré ajoute des poutres sous les files de poteaux et gagne en inertie sans augmenter le volume de béton. Le radier à caissons, réservé aux ouvrages lourds, associe deux dalles reliées par un réseau de voiles et atteint des rigidités que rien d'autre ne procure à cette profondeur.
Les étapes de réalisation d'un radier sur le chantier
La mise en œuvre suit une séquence dont aucune étape ne se saute, chacune conditionnant la suivante.
Le terrassement, décapage de la terre végétale et mise à niveau du fond de fouille sur toute l'emprise, avec une réception du fond par le géotechnicien.
La forme drainante, une couche de grave compactée qui assainit l'assise et coupe les remontées capillaires.
Le béton de propreté, quelques centimètres coulés à même le sol, qui isole les armatures de la terre et donne un plan de travail net.
L'étanchéité, membrane ou complexe drainant, indispensable dès que la nappe peut atteindre le niveau du fond de fouille.
Le ferraillage, deux nappes croisées liaisonnées par des chaises, avec les attentes de poteaux et de voiles positionnées avant tout coulage.
Le coulage du béton, mené sans reprise sur l'ensemble de la surface autant que possible, puis vibré et protégé de la dessiccation pendant la prise.
La durabilité du résultat se joue ensuite sur des détails d'exécution. La cure du béton conditionne sa résistance finale et sa compacité, donc sa tenue à la corrosion des armatures, et son rôle est plus important qu'on ne le croit sur un ouvrage enterré, et une dalle laissée sécher au soleil sans protection perd une part de ses caractéristiques. Le positionnement des attentes, ensuite, se corrige très mal une fois le béton pris, et une erreur de quelques centimètres se paie en reprise structurelle. Le cas voisin des dallages industriels, qui ne portent pas la structure mais supportent des charges roulantes, relève d'une autre logique de calcul, exposée dans sols industriels.
Radier, dallage et le verbe radier
La confusion la plus fréquente sur le chantier oppose le radier au dallage. Le dallage repose sur le sol et ne reprend que les charges qui lui sont directement appliquées, il ne porte ni les murs ni les poteaux, et il se désolidarise de la structure par un joint périphérique. Le radier, lui, est un élément porteur, il reçoit toutes les descentes de charge et se calcule comme tel. Une maisonindividuelle peut être fondée sur l'un ou sur l'autre, et confondre les deux au moment de l'étude conduit à un sous-dimensionnement grave.
Le mot désigne aussi un ouvrage hydraulique, le fond maçonné d'un canal, d'une écluse, d'un bassin ou d'une piscine, où il assure l'étanchéité et résiste à la sous-pression. Cet emploi est plus ancien que celui du bâtiment et vient directement de la même idée de fond continu.
Il existe enfin un verbe radier, sans aucun rapport avec la construction, qui signifie rayer une inscription d'une liste ou d'un registre. Le contexte suffit à lever l'ambiguïté, mais elle explique une partie des résultats hors sujet rencontrés lors d'une recherche sur ce terme.
Questions fréquentes à propos de Radier : définition
Qu'est-ce qu'un radier en construction ?
C'est une fondation superficielle constituée d'une dalle en béton armé couvrant toute l'emprise du bâtiment. Elle répartit les charges sur l'ensemble de cette surface au lieu de les concentrer sur des semelles, ce qui abaisse fortement la contrainte transmise au sol et rend constructibles des terrains de faible portance.
Quelle est la différence entre un radier et un dallage ?
Le radier est porteur, il reçoit les charges des murs et des poteaux et se calcule en flexion sous la réaction du sol. Le dallage ne supporte que ce qui est posé dessus, se désolidarise de la structure par un joint périphérique et ne participe pas à la stabilité du bâtiment. Les confondre conduit à un sous-dimensionnement.
Quand faut-il choisir un radier plutôt que des semelles ?
Quand le sol est trop peu porteur pour des appuis ponctuels, quand la surface cumulée des semelles dépasserait environ la moitié de l'emprise, quand le terrain est hétérogène au point de faire craindre des tassements différentiels, ou quand une nappe impose un fond étanche. L'étude de sol tranche, jamais l'habitude.
Quelle épaisseur pour un radier ?
De 20 à 40 cm pour une maison individuelle sur un sol correct, davantage dès que les charges augmentent ou que le sol se dégrade. Un immeuble ou un ouvrage industriel demande de 1 à plus de 3 m. L'épaisseur se justifie par le calcul, en flexion et en poinçonnement sous les poteaux, jamais par une valeur reprise d'un chantier voisin, même proche et apparemment adapté.
Comment ferraille-t-on un radier ?
Avec deux nappes d'armatures croisées, l'une en partie basse et l'autre en partie haute, parce que les moments changent de signe entre les appuis et les travées. Des renforts locaux sont ajoutés sous les poteaux contre le poinçonnement. Les attentes de poteaux et de voiles se positionnent avant coulage, une erreur à ce stade se corrigeant très difficilement.
Quelles sont les étapes de réalisation d'un radier ?
La réalisation d'un radier enchaîne les opérations nécessaires dans un ordre fixe, terrassement et mise à niveau du fond de fouille, forme drainante compactée, béton de propreté, étanchéité si la nappe le justifie, pose du ferraillage en deux nappes avec les attentes, puis coulage du béton sans reprise, vibration et cure. La réception du fond de fouille par le géotechnicien conditionne la validité de tout ce qui suit.