L’essentiel des activités physiques et sportives consiste à mettre en mouvement son corps, par ses propres moyens en associant parfois un matériel dédié, et cela en interaction avec le milieu environnant. Ainsi, marcher, courir, sauter, lancer, c’est mettre en mouvement son propre corps, et si nécessaire, dans le but de propulser un engin : boulet, javelot, disque, etc.
En conséquence, sauter en hauteur revient à élever sa propre masse le plus haut possible ; sauter en longueur, à propulser sa propre masse le plus loin et le plus haut possible ; courir, revient à transporter sa propre masse le plus vite possible, etc.
L’approche scientifique qui, à la fois décrit et explique ces mouvements est la
mécanique du mouvement
, aussi dénommée la science du mouvement. Cette approche scientifique, qui devient aujourd’hui de plus en plus biomécanique par l’intégration de modèles musculaires et des lois de commandes qui activent ces muscles – est telle, qu’elle est capable de mettre en relation l’activité musculaire contrôlée et coordonnée, au service d’une analyse explicative de la locomotion humaine par l’application des lois de la mécanique des systèmes poly-articulés. Il s’agit donc de relier et de comprendre, à l’aide de ces lois, les causes et leurs effets sur les mouvements afin d’expertiser les gestes réalisés. Cette formulation n’exclut bien évidement pas les deux autres approches scientifiques tout aussi essentielles pour analyser la locomotion humaine, que sont la physiologie et les neurosciences intégrées, l’une par l’analyse des apports énergétiques indispensables au fonctionnement musculaire, et l’autre à travers la formulation des lois de commandes du mouvement propres au contrôle moteur. L’analyse de la locomotion du vivant inclut donc de nombreux facteurs – on parle alors d’une approche multifactorielle dans l’analyse des activités physiques et sportives.
La démarche n’est pas toujours aisée ; le mouvement du corps est constaté par chacun d’entre nous, et l’on a tendance à y apporter notre propre explication. Pour autant, on rejoint les propos de Paul MOUY
lorsqu’il écrit dans son ouvrage « Logique et philosophie des sciences » : « l’erreur est de croire que les faits contiennent déjà l’explication. Il faut l’y introduire... La base de la méthode expérimentale, c’est l’invention de la formule mathématique ». C’est cette formule mathématique que l’on va introduire en étudiant dans son intégralité, l’homme en...