Au début de ce millénaire, il est intéressant de chercher à évaluer l’état de la construction.
Du point de vue des décideurs, ce secteur est avant tout une « activité mature » dont il ne faut guère attendre de progrès. Les techniques constructives sont pérennes. Certes, elles contribuent à créer un certain nombre de nuisances mais elles sont éprouvées et somme toute assez robustes. La construction ne relève donc pas de la haute technologie et son caractère vernaculaire n’est pas pour déplaire à de nombreux politiques.
En se plaçant du point de vue des utilisateurs finaux, l’opinion est tout autre. La qualité des produits est loin d’être sans défaut. Le volume d’activité est loin de répondre à tous les besoins et les conditions de travail restent réputées comme dures et dangereuses. C’est donc une industrie en net retard sur la technologie contemporaine mais dont la culture semble insensible aux attraits de la modernité.
Ce contexte, qui traduit de fait un
statu quo
, est-il une fatalité qui serait spécifique à la construction ou bien les éléments d’appréciation vont-ils changer ? En effet, alors que la notion de développement durable est en train de gagner de nombreux secteurs économiques, le BTP peut-il être étranger à cette nouvelle interpellation qui veut que les professionnels réfléchissent à leur rôle vis-à-vis de l’ensemble des parties prenantes ?
L’exercice mérite d’être tenté car une industrie qui se contente d’un état de fait est sur le déclin. Elle perpétue des pratiques et en a oublié les raisons. Elle s’appauvrit sans forcément s’en rendre compte.
Pour dépasser ce stade, il est utile de se référer aux trois principes du développement durable qui sont la responsabilité, la transparence et l’économie.
En développement durable, le
principe de responsabilité
consiste à ce que chaque acteur de la vie économique se sente porteur d’une mission vis-à-vis de la société civile, c’est-à-dire de l’ensemble de la collectivité à laquelle il appartient. Il s’agit là d’une mise en perspective du rôle de tous qui ne se contente pas d’analyser des impacts immédiats mais les restitue dans un périmètre plus large qui est celui du système collectif. Pour ce qui concerne la construction, cela conduit à dépasser les clivages professionnels et à envisager l’ensemble du processus ainsi que la contribution de chacun.
Le
principe de transparence
correspond, lui, à un devoir d’explication. En effet, au-delà de la responsabilité, il importe que chacun soit en mesure d’expliquer la raison des choix qu’il opère, non pas tant dans le...