Le développement massif de l’automatisation au XX
e
siècle s’est longtemps fait suivant deux types de technologies, mises en œuvre selon des méthodologies qui leur étaient propres et par des personnels d’origine différente : les systèmes à événements discrets et les systèmes continus.
Les
systèmes à événements discrets
sont des systèmes à éléments caractérisés par deux états : ouvert ou fermé, marche ou arrêt, sorti ou rentré... L’appareillage « tout ou rien » (TOR) correspondant est classiquement géré en s’appuyant sur l’algèbre de Boole, issue des travaux des logiciens anglais du XIX
e
siècle, puis, en prenant en compte la chronologie des états, leur séquencement, par des méthodes états-transitions assorties d’une représentation graphique : graphes d’état, réseaux de Petri, Grafcet.
Quant aux
systèmes continus
, ils sont constitués d’éléments caractérisés par une mesure qui peut prendre une infinité de valeurs : température d’une pièce ou d’un objet, vitesse d’un mobile, niveau dans un réservoir... La gestion de ces systèmes fait appel à des outils mathématiques aptes à la représentation de la dynamique continue : équations différentielles assorties de diverses transformations (Laplace, Fourier...), méthodes d’état à forme matricielle.
Cette répartition en deux catégories de systèmes n’est pas parfaite, tant au niveau des problèmes traités – beaucoup d’ensembles industriels comportant des éléments des deux types – qu’à celui du matériel mis en œuvre. À titre d’exemple, les distributeurs et électrovannes appartiennent a priori au monde TOR, mais des distributeurs et des électrovannes proportionnels, qui ne diffèrent pas fondamentalement des premiers, sont utilisés dans le monde continu. De même, il n’est pas évident de classer un élément présentant dix valeurs possibles, par exemple, dans l’une de ces deux catégories de systèmes.
C’est toutefois la généralisation de l’outil informatique qui a rendu plus aigu le besoin de méthodes unificatrices, car l’ordinateur est devenu l’outil fondamental d’étude et le processeur numérique l’outil fondamental de commande, et ce pour les deux catégories précitées.
Il reste que les logiciels de simulation ne sont pas les mêmes, la spécialisation de processeurs en commande (automates programmables pour le TOR, régulateurs pour le continu) subsiste et, lorsqu’un même processeur et un même logiciel sont utilisés, le graphisme et le mode de programmation pour les parties discrète et continue peuvent néanmoins différer. Cette dichotomie se traduit par des problèmes de cohérence de la...