Les lois de la physique nous permettent de prédire des observations
lorsque les paramètres d’un système sont connus. Par exemple, connaissant
les caractéristiques géométriques et les propriétés mécaniques du
(ou des) matériau(x) d’un instrument de musique, il est possible de
prédire le son qui sera émis pour une excitation donnée. Ce type de
problème est qualifié de « direct ». A contrario, un problème « inverse »
consiste, par exemple, à prédire une caractéristique géométrique de
l’instrument à partir d’observations, dans ce cas des enregistrements
du son émis. Sans connaissance a priori, c’est-à-dire en exploitant
seulement les observations (comme le son), le problème est mal posé
dans le sens où plusieurs géométries sont possibles. Une des caractéristiques
cruciales d’un problème mal posé au sens de Hadamard
[F 1 380]
est la non-unicité de la solution, ce qui est le cas pour un problème
inverse. L’
a priori
permet alors de réduire le champ des possibles
et peut être intégré dans la résolution sous la forme par exemple
de termes de régularisation. Plus généralement, un problème inverse
consiste donc à déterminer les propriétés d’un système à partir d’observations.
On rencontre ce type de problème dans de nombreux domaines de l’ingénierie,
dès lors que l’on souhaite estimer les propriétés d’un milieu inaccessible
à l’observation directe, à partir d’observations effectuées à l’extérieur
de celui-ci
.
Résoudre un problème inverse peut consister en l’identification
des paramètres d’un système à partir de certaines données. La méthode
d’identification des paramètres dépend de la nature du problème, en
particulier si le système est
non linéaire
, et l’enjeu est
de proposer un modèle expliquant les données et ayant des capacités
de prédiction. Une manière de choisir le modèle est de le calibrer
au travers d’un processus d’optimisation d’une fonction de perte,
basé par exemple sur les moindres carrés non linéaires, au cours duquel
l’écart entre les données observées et la solution calculée est évalué
puis les paramètres modifiés de manière à ce que la solution évolue
dans la direction minimisant cet écart le plus rapidement. Ce type
d’approche est au cœur d’une nouvelle famille de méthodes de résolution
de problèmes, à la fois directes et inverses, qui prennent comme modèle
des réseaux de neurones. Ces réseaux...