La contrefaçon est un phénomène en augmentation constante, qui
bénéficie de la mondialisation des échanges et de l’expansion du e‑commerce.
Elle constitue une menace pour l’économie mais aussi pour la santé
publique et la sécurité des consommateurs (l’OMS estime qu’en Afrique,
100 000 décès par an sont imputables à l’utilisation de médicaments
contrefaits, par exemple)
. Pour s’en protéger, des dizaines de technologies ont été
mises au point. Toutes présentent des avantages et des inconvénients,
et chacune est pertinente pour un marché donné.
Les polymères de coordination hétérolanthanides, utilisables comme
marqueurs luminescents, sont particulièrement bien adaptés au marquage
dans la masse, de matériaux dont la température maximale atteinte
lors du procédé de fabrication, et la température d’usage, n’excèdent
pas quelques centaines de degrés. Ces marqueurs peuvent être préparés
sous forme de poudres microcristallines et dispersés dans le matériau
à marquer, ou sous forme de suspensions colloïdales utilisables pour
marquer des encres, ou des liquides techniques.
Ces composés pourraient aussi trouver leur application dans le
domaine du marquage des déchets plastiques, pour en assurer le tri
et, ainsi, optimiser leur recyclage. Pour cette seconde application,
la luminescence des marqueurs doit être assez intense pour qu’ils
puissent être détectés, et identifiés, sur une chaîne de tri rapide.
Compte tenu des énormes quantités de plastique produites dans le monde,
dont seule une faible proportion est aujourd’hui recyclée, cette application
potentielle constitue aujourd’hui un défi.
Pour pouvoir optimiser les propriétés de luminescence, il est
nécessaire de maîtriser les phénomènes de transferts d’énergie intermétalliques
qui les régissent, au sein des polymères de coordination. L’objectif
de cet article est de faire un état des lieux des connaissances concernant
les polymères de coordination hétérolanthanides, et leurs propriétés
de luminescence.