Lorsque, au cours de l’année 1813, le physicien anglais Humphrey
Davy fit fonctionner le premier
arc électrique
artificiel
(par opposition à l’éclair de la foudre), il venait d’ouvrir
la porte à un immense champ d’applications. En effet, les ingénieurs
ont rapidement compris le parti qu’ils pouvaient tirer d’un phénomène
capable de transformer l’énergie électrique en énergie lumineuse intense,
de créer un milieu à très haute température et d’être un réacteur
de choix pour certaines applications chimiques. Dès 1844, le physicien
français Léon Foucault mettait au point une lampe à arc à haut flux
pour des expériences de physique. En 1862, Marcellin Berthelot réalisait
la synthèse de l’acétylène en atmosphère d’hydrogène. En 1880, Louis
Clerc eut l’idée de remplacer la flamme d’un chalumeau par le plasma
d’un arc électrique pour les applications au soudage. Ainsi, dès 1880,
les trois propriétés fondamentales de l’arc électrique (
flux radiatif
intense, flux thermique élevé, possibilité de favoriser les réactions
chimiques
) avaient reçu des applications. Il est remarquable que
ces réalisations n’aient été que le fruit de l’intuition et du savoir-faire,
car réalisées en dehors de toute théorie préconçue des phénomènes
physiques. Ces découvertes, ces inventions, ces idées nouvelles ouvraient
la voie à l’utilisation industrielle des plasmas thermiques.
L’apparition des théories modernes de la physique alliées à la
maîtrise de plus en plus affirmée de la conception des réacteurs vont
permettre des réalisations à caractère industriel dont l’importance
économique va aller grandissant.
L’empirisme qui était la règle va peu à peu céder la place à une
démarche scientifique conduisant, avec une connaissance toujours meilleure
des propriétés fondamentales de l’arc électrique, à un perfectionnement
des appareillages, à l’optimisation des procédés et à l’émergence
de techniques nouvelles. On a pu ainsi observer ces dernières décennies
que l’arc électrique, qui n’avait suscité en France qu’un faible engouement
parmi les physiciens, a fait l’objet d’études fondamentales nombreuses
en étroite collaboration avec les organismes industriels concernés.
On trouve, dans la littérature, des définitions très différentes
de l’arc électrique. Les auteurs l’ont généralement défini à partir
d’une propriété qu’ils jugeaient caractéristique (faibles chutes de
tension, forte densité de courant, caractéristique tension-courant
décroissante, existence d’un spot cathodique, prédominance des phénomènes
thermiques…).
Bien qu’il soit possible de trouver des exceptions à toute
définition
trop précise,...