Le limiteur de courant de défaut (Fault current Limiter) est le
« Graal » pour les concepteurs de réseaux électriques. Cet appareil
permet de concevoir un réseau idéal, c’est-à-dire avec une puissance
de court-circuit infinie théoriquement, mais avec des courants de
défauts maîtrisés grâce justement au limiteur. Or, l’augmentation
de la puissance de court-circuit des réseaux est une demande actuelle
forte pour notamment améliorer la qualité de tension et augmenter
la part maximale des énergies distribuées, renouvelables entre autres.
Il n’existe pas aujourd’hui de solution industrielle satisfaisante
comme limiteur de courant de défaut en haute tension en particulier.
Un limiteur industriel est le fusible pyrotechnique (Is-limiteur d’ABB
par exemple), mais il reste limité à 40 kV environ.
Un supraconducteur possède une fonction limitation de courant
intrinsèque via la caractéristique fortement non linéaire de son champ
électrique en fonction du courant qui y transite. Nul ou extrêmement
faible en dessous d’un certain courant ajustable, son courant critique
(
I
c
), le champ électrique
augmente très fortement au-delà de
I
c
. Sans pratiquement de résistance en dessous de
I
c
, donc transparent pour
le réseau, un élément supraconducteur devient automatiquement et naturellement,
sans aucune action extérieure et pratiquement immédiatement, une résistance
élevée au-dessus de
I
c
qui limite le courant en moins d’une milliseconde. Le limiteur supraconducteur
de courant de défaut (Superconducting Fault Current Limiter : SFCL)
garantit l’absence de courant au-delà d’une certaine valeur
, réduisant le surdimensionnement
coûteux de nombreux appareils, calculés sinon pour supporter les courants
de court-circuit, nettement supérieurs à
. Il est intrinsèquement sûr. Sa résistance disparaît à nouveau
après un certain temps dès qu’il est isolé du défaut. Un limiteur
supraconducteur de courant de défaut apporte donc une solution technique
particulièrement séduisante.
Cependant, la supraconductivité n’existe...