Contexte « historique » et économique : le nombre de phases
comme paramètre de conception
Historiquement, le transport de l’énergie électrique économiquement
efficace a conduit à l’adoption des systèmes triphasés à courant alternatif
sinusoïdal. Les bobinages des machines électriques à courant alternatif,
directement connectées au réseau, se devaient alors d’être triphasés
et optimisés pour des grandeurs alternatives à formes sinusoïdales.
Pour les applications nécessitant des entraînements performants à
vitesse et couple variables, l’électronique de puissance et le contrôle
vectoriel numérique ont permis naturellement et progressivement (de
1970 à 2010) à ces mêmes machines triphasées à grandeurs alternatives
sinusoïdales de s’imposer par rapport aux machines à courant continu.
Avec l’électrification massive des transports et dans un contexte
de transition énergétique, les machines électriques doivent idéalement
être moins gourmandes en matières premières et leurs procédés de fabrication
moins complexes, notamment pour l’étape de réalisation du bobinage :
se doter de plus de paramètres de conception est bienvenu. Or, pour
une machine alimentée par un onduleur, un nombre de trois phases n’est
absolument plus une nécessité. Augmenter le nombre de phases devient
un paramètre de conception. Il apparaît alors judicieux de maîtriser
non seulement la conception des bobinages pour ces machines à plus
de trois phases, mais aussi le contrôle de leurs courants qui ne sont
plus, dans le principe, assujettis à la forme sinusoïdale.
Contexte « fonctionnel » : tolérance à défaillance et même
qualité du couple avec moins de contraintes
Les bobinages des machines électriques dont la fonction est la
création d’un champ magnétique tournant au sein de l’entrefer à partir
de courants alternatifs, constituent la pierre angulaire des machines
électriques.
Avec deux courants indépendants et 3 fils à connecter, les machines
triphasées classiques constituent la solution minimale pour atteindre
cet objectif. La solution la plus simple pour garantir par contrôle
vectoriel un couple sans pulsation réside alors dans l’alimentation
par des courants sinusoïdaux d’un bobinage caractérisé par une fonction
de bobinage elle-même sinusoïdale, mais dans l’espace.
Avec une machine triphasée, il y a donc contrainte tant lors de
l’alimentation que lors de l’étape de conception. Avec l’augmentation
du nombre de phases, la même qualité de couple pourra être obtenue
par contrôle vectoriel avec plusieurs harmoniques présents temporellement
et spatialement, le nombre autorisé d’harmoniques augmentant avec
le nombre de phases. De ce fait, les contraintes diminuent tant lors
de l’alimentation (courants...