Aujourd'hui, 214 tranches électronucléaires à eau ordinaire sous pression (REP) sur un total mondial de 440, toutes filières confondues, délivrent 56 % de l'électricité d'origine nucléaire dans le monde. Ces réacteurs, construits à partir du milieu des années 60, sont dits de « deuxième génération », par opposition aux réacteurs antérieurs, presque tous arrêtés, considérés comme de « première génération ».
Depuis le milieu des années 90, les autorités de sûreté des différents pays, les exploitants nucléaires et les constructeurs de centrales nucléaires préparent la « troisième génération » de réacteurs, pour l'essentiel encore des réacteurs à eau (REP ou REB).
Dans la première partie, complétant un article paru (voir
[B 3 100]
des Techniques de l'Ingénieur) par un tour d'horizon sur la conception des réacteurs à eau sous pression (de 600 à 1 500 MWe) équipant le parc électronucléaire français, il est montré que, loin d'être une simple recopie des modèles d'origine, construits sous licence américaine, le REP est devenu un réacteur de technologie française. Il bénéficie d'évolutions importantes et parfaitement maîtrisées, grâce à l'étroite coopération instaurée entre tous les acteurs, à un effort sans précédent en R&D, et à l'organisation précoce du retour d'expérience.
Dans une seconde partie, les courants d'évolution de ces réacteurs sont mis en lumière par un panorama des aspects marquants des nouveaux modèles en cours de développement, ou récemment mis sur le marché. Les exemples sont pris à l'étranger. Un article distinct du présent traité est consacré à l'EPR (voir
[BN 3 102]
). Enfin il est fait un point sur les REP de petite et moyenne puissance.