La
qualité de la tension
distribuée aux installations utilisatrices d’électricité est un souci partagé tant par les industriels, dont certains équipements peuvent être sensibles aux non-qualités, que par les distributeurs d’électricité soucieux de la satisfaction de leur clientèle.
On peut noter que la dérégulation du marché de l’électricité complique la tâche des transporteurs et des distributeurs d’électricité en matière de qualité. Par ailleurs, on constate que la multiplication des applications, d’une part, de plus en plus sophistiquées et, d’autres part, de plus en plus puissantes ont une influence sur la qualité de la tension. Si l’on note encore que la situation moyenne sur les réseaux européens est actuellement meilleure que celle décrite par la norme européenne dite de « qualité de la tension » (EN 50160), on peut alors craindre que cette situation favorable soit difficile à maintenir.
Il convient donc de mettre à disposition des moyens de compensation à toute nuisance issue d’une utilisation de l’énergie électrique. C’est là le rôle de la technique. Si les moyens existent, le débat relatif à leur mise en œuvre peut s’ouvrir, débat qui, par sa nature, sort du cadre de cet article. En revanche, il est indispensable de s’entendre sur la manière d’appréhender les phénomènes. Là où intervient une part de subjectivité, il convient de s’accorder sur les évaluations nécessaires à la connaissance. Là où la complexité des phénomènes ne peut plus être suivie analytiquement mais fait l’objet d’un examen statistique, il convient de s’accorder sur les méthodes. Ce sont les raisons pour lesquelles la normalisation internationale, dont la vocation est d’établir des consensus, est essentielle pour définir les nuisances, la manière de les aborder, les méthodes pour les mesurer et finalement les règles pour les limiter.
Parmi les nuisances, on a noté depuis longtemps les
chutes de tension
qui, si elles se répètent à certaines cadences, ont des effets particulièrement gênants pour une des principales applications de l’électricité : l’
éclairage
. On a aussi identifié très tôt que les chutes de tension sont d’autant plus importantes que la puissance appelée est grande et que l’impédance du réseau de distribution est forte. Si l’impédance est une caractéristique constructive du réseau qui ne peut être changée que par son adaptation à la puissance qu’il prétend distribuer, en revanche les appels de puissance peuvent être compensés par un appareillage approprié.
En courant alternatif, les
fluctuations de puissance réactive
sont la principale source des fluctuations...