Une odeur « d’œuf pourri », c’est ainsi qu’est généralement ressenti
par le grand public l’hydrogène sulfuré. Une odeur caractéristique
(oignons, ail…) est aussi liée aux composés organiques volatils sulfurés,
comme les mercaptans, les sulfures, les disulfures… La population
reconnaît facilement une fuite de gaz du fait d’injections d’une infime
quantité d’un produit soufré particulier dans le gaz naturel inodore.
Les rejets dans l’atmosphère de ces composés peuvent être naturels
via les volcans, les fumerolles, la fermentation anaérobie… ou du
fait de nombreuses activités humaines, comme la pétrochimie (gaz naturel,
pétrole, schistes bitumineux…), les industries papetières, les levureries,
l’extraction d’acides aminés soufrés, les équarrissages, le traitement
des eaux usées, la valorisation énergétique des déchets (biogaz) ou
la valorisation matière (compostage)…
Ces composés soufrés sont acides, corrosifs et toxiques même à
faibles concentrations et très odorants. Ils ont des impacts sur la
santé humaine et en particulier lors de leur inhalation sur les voies
respiratoires qui peut être fatale à certaines concentrations et durée
d’exposition. Ces molécules peuvent être retrouvées dans l’environnement
(eaux, air, sols) et dans certaines plantes. Très odorantes, elles
engendrent des nuisances olfactives. En outre, elles génèrent des
problèmes importants de corrosion des métaux. Ces quelques arguments
montrent qu’il est nécessaire de les contrôler dans l’air ambiant
ou lors de leur diffusion dans l’environnement. Une législation a
été mise en place pour définir les teneurs maximales des rejets gazeux
industriels mais aussi des atmosphères de travail dans les ateliers
via les valeurs limites d’exposition professionnelle. Afin de minimiser
leurs teneurs dans les énergies fossiles, dans les rejets dans l’air,
des procédés de traitement ont été élaborés et mis en œuvre.
Dans cet article, après avoir caractérisé H
2
S et les
composés organiques volatils sulfurés tels que les mercaptans, les
sulfures, les disulfures…, les sources d’émissions naturelles et d’origines
anthropogéniques sont référencées. Leurs impacts sur la santé humaine
et sur l’environnement sont abordés. La réglementation impose des
teneurs pour les rejets et les ambiances de travail, il est donc nécessaire
de pouvoir les identifier et de les quantifier. Les procédés de traitement
des émissions gazeuses chargées en H
2
S et en composés sulfurés
seront décrits et discutés.