La demande permanente du marché pour des produits toujours plus
innovants, et une circulation de plus en plus libre des marchandises
et des technologies, ne doivent pas faire oublier l’instabilité du
monde et la permanence de risques majeurs de nature nucléaire, chimique
ou bactériologique.
C’est dans ce contexte que la plupart des États se sont entendus
pour contrôler les transferts des biens et technologies dits à « double
usage » car susceptibles de recevoir une application tant militaire
que civile, qui sont principalement des produits de haute technologie,
mais aussi des matières et des produits chimiques.
Ce contrôle s’exerce par la stricte mise en œuvre de réglementations
douanières communes, qui, pour la France et ses partenaires directs,
sont pour l’essentiel édictées dans le cadre de l’Union européenne,
tout en étant mises en œuvre par chacun des États membres de l’Union.
Les grandes entreprises exportatrices de ces produits, en particulier
dans les domaines nucléaire, aéronautique et électronique, ont mis
en place des programmes de conformité interne afin de s’assurer du
strict respect d’une réglementation souvent complexe et évolutive.
Par contre, les entreprises moins importantes, ou dont une partie
seulement des produits est concernée, peuvent rencontrer certaines
difficultés dans l’application de cette réglementation.
Cet article leur est principalement destiné de manière à :
les informer du contexte sécuritaire et des risques juridiques
et financiers, y compris personnels ;
leur montrer l’incidence de la réglementation sur l’activité
et le fonctionnement de l’entreprise ;
les guider dans la mise en œuvre de procédures internes
adaptées à leur taille et à leur activité.
Dans tous les cas, cette mise en œuvre passe par la sensibilisation,
la formation et la responsabilisation des dirigeants et cadres, au
premier rang desquels les commerçants et les ingénieurs, ainsi que
par la veille active d’une réglementation vivante qui évolue au rythme
des progrès et innovations technologiques et de l’évolution des risques
sécuritaires : drones, terrorisme, cyber-intrusion, etc.
Nota
: le lecteur trouvera en fin d’article un tableau
récapitulatif des sigles, abréviations et acronymes utilisés tout
au long de l’article.