Champignons symbiotiques au service d'une forêt durable

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Champignons symbiotiques au service d'une forêt durable

Auteur(s) : Francis MARTIN

Relu et validé le 3 mai 2021 | Read in english

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RÉSUMÉ

En forêt, les champignons mycorhiziens établissent une symbiose mutualiste avec les racines des arbres. Ils influencent la vigueur et l'état sanitaire de leur hôte et la pérennité des écosystèmes forestiers. Cet article résume les connaissances actuelles sur la biologie et l’écologie des champignons mycorhiziens. Il décrit les facteurs qui influencent la composition et la dynamique des communautés mycorhiziennes et il aborde le fonctionnement des réseaux mycorhiziens. Il insiste sur l’intérêt de développer la mycorhization contrôlée en trufficulture et dans le cadre d’une gestion raisonnée des forêts sous contraintes climatiques.

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AUTEUR(S)

  • Francis MARTIN : Directeur de recherche - Laboratoire d’excellence ARBRE, URM interactions arbres/micro-organismes, centre INRAe Grand Est-Nancy, Champenoux, France

 INTRODUCTION

Les forêts couvrent plus de 30 % de la superficie des terres émergées dont l’essentiel est constitué de massifs forestiers naturels – forêts primaires et secondaires –. Ces étendues boisées hébergent plus de 3 100 milliards d’arbres et 80 % de la biodiversité végétale, animale et microbienne répertoriée. Les forêts sont donc au cœur d’un réseau complexe d’interactions entre végétaux, animaux et microbes. Une compréhension fine de l'écosystème forestier passe par la connaissance des cycles biogéochimiques, dans lesquels les micro-organismes influencent de manière déterminante la fertilité des sols, mais également la vigueur et l'état sanitaire des arbres. La composition et la pérennité de l'écosystème sont déterminées par les liens tissés entre plantes et microbes. Il est désormais acquis que les arbres hébergent une communauté complexe de micro-organismes – le microbiote – diversifiée et composée de milliers d’espèces de virus, de bactéries et de champignons qui influencent la croissance, le développement et la santé de leur plante-hôte. De ce fait, la microbiologie forestière et l’écologie microbienne sont, désormais, intégrées dans la démarche de recherche multidisciplinaire qui vise à décrire la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes forestiers. Afin d’atténuer les impacts prévisibles des changements environnementaux, il est urgent de décrire, de caractériser et de modéliser les multiples interactions entre plantes et microbes qui tissent un formidable réseau écologique à travers les forêts. Identifier les facteurs qui régissent les interactions entre les plantes et leur microbiote devrait nous permettre de mieux utiliser les micro-organismes bénéfiques afin de stimuler la croissance des arbres, améliorer leur résilience face aux contraintes climatiques et limiter l’impact négatif des agents pathogènes. Les services écosystémiques fournis par les communautés microbiennes sont indispensables au maintien de la fertilité des sols et participent à la durabilité des forêts. Afin d’évaluer ces services, il est nécessaire de développer les outils moléculaires pour recenser les communautés et les populations de micro-organismes bénéfiques et néfastes, suivre leur dynamique en fonction de l’évolution de la forêt vers son stade climacique et évaluer l’impact de la gestion sylvicole. Un objectif prioritaire des recherches finalisées en cours consiste donc à identifier les espèces clés de voûte dont l’activité est primordiale pour le bon fonctionnement de la communauté microbienne et des végétaux associés. Ces espèces pourraient servir d’indicateurs de la bonne santé d’un écosystème, mais elles pourraient également être maîtrisées et exploitées dans le cadre d’une ingénierie écologique des forêts.

Deux guildes de champignons sont prédominantes en forêt : les champignons saprotrophes qui...

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MOTS-CLÉS

evolution   |   Sols   |   champignons   |   cycles biogéochimiques   |   forêt   |   mutualisme   |   mycorhizes   |   symbioses

DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v1-ge1085

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