Le carbone organique du sol (COS), principal élément (55 à 60%)
de la matière organique du sol (MOS), a une importance cruciale pour
le fonctionnement des sols. Un sol plus riche en matière organique
a généralement une plus grande capacité à retenir l’eau et sera moins
sujet à l’érosion. La matière organique est également la ressource
trophique des organismes du sol. Sa biotransformation et sa minéralisation
par les micro-organismes libèrent des éléments nutritifs (azote, phosphore)
indispensables à la croissance des plantes. Par ailleurs, le carbone
organique du sol a également un rôle important dans les régulations
climatiques. En effet, les sols contiennent environ trois fois plus
de carbone que l’atmosphère (2 400 GtC contre 890 GtC) et toute variation
des stocks de carbone organique des sols, à la hausse ou à la baisse,
influe sur la concentration en CO
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atmosphérique et donc
sur le climat.
Du fait de son importance pour la qualité des sols et le climat,
le carbone des sols a fait l’objet d’une attention politique particulière
ces dernières années. Ceci s’est traduit notamment par le lancement,
par la France, de l’initiative « 4 pour 1000 » lors de la COP21 (
https://www.4p1000.org/
). L’objectif
de cette initiative est de promouvoir la mise en place d’actions concrètes
visant à augmenter les stocks de carbone organique dans les sols pour
améliorer la sécurité alimentaire tout en luttant contre le réchauffement
climatique.
Le lancement de cette initiative a stimulé un débat scientifique
intense sur les potentialités de stockage de carbone dans les sols
et sur les verrous techniques et socio-économiques à lever pour réussir
à atteindre ce potentiel. Dans cet article, nous allons d’abord présenter
ce qu’est le carbone organique du sol et sa dynamique. Nous présenterons
ensuite les évolutions des stocks de COS passées et les prévisions
pour ces évolutions futures. Enfin, nous discuterons si l’ambition
d’augmenter les stocks de COS pour compenser les émissions de gaz
à effet de serre (GES) d’origine anthropique tient du mythe ou de
la réalité.