La combustion de la biomasse dans le monde comprend principalement
les feux de forêt et les étendues de verdure, les feux domestiques
et les feux de résidus de récolte dans les champs agricoles. Selon
le type de biomasse brûlé et la localisation géographique du feu,
les émissions dues à la combustion et leur impact sur la qualité de
l’air et le climat seront différents. Cependant, l’impact des feux
de forêt contribue le plus aux émissions totales de la combustion
de la biomasse au niveau mondial.
Les feux de forêt ou de biomasse sont de plus en plus fréquents
dans le monde. Ceci peut être en partie associé au changement climatique
et avoir des effets néfastes sur la qualité de l’air au niveau local
et régional, mais aussi sur le climat mondial. L’actualité de l’été
2022 en est la parfaite illustration, avec des épisodes de feux records
au niveau de la France transportant des polluants à plusieurs centaines
de kilomètres. La seconde actualité marquante est la large période
de feux en Australie, fin 2019 et début 2020, impactant la composition
de la troposphère et stratosphère au niveau hémisphérique. Il faut
également citer les feux récurrents de forêt au niveau de la Californie
et du Canada chaque année impactant les populations locales, la qualité
de l’air au niveau régional et le transport de polluants au niveau
hémisphérique.
Au cours de phénomènes de combustion de biomasse (forêts équatoriales
ou de moyennes et hautes latitudes, savanes...), une grande quantité
d’espèces chimiques est émise (CH
4
, CO, CO
2
,
NO
x
= NO + NO
2
), mais également des composés
organiques volatils (COV) oxygénés ou non (aldéhydes, acides…), accompagnés
de particules sous forme de suies. La diversité et la réactivité des
espèces chimiques au cœur du panache en font un réacteur chimique
à grande échelle où de nombreuses espèces possédant des temps de vie
variés se forment, comme l’ozone et les aérosols organiques secondaires.
L’augmentation de la fréquence des feux et de leur intensité a
entraîné des niveaux élevés de COV et de NOx depuis plusieurs années
(toutes sources confondues) avec un doublement approximatif de l’ozone
dans la basse troposphère au cours des deux derniers siècles, faisant
de l’ozone troposphérique l’un des gaz à effet de serre anthropiques
les plus importants après le dioxyde de carbone (CO
2
) et
le méthane (CH
4
).
L’observation et la compréhension des phénomènes se produisant
au sein des feux de biomasse de la source jusque pendant le transport...